JO 2018 – Snowboard: «Fier d'avoir plaqué mon run et d'être dans le top 5»
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JO 2018 – Snowboard«Fier d'avoir plaqué mon run et d'être dans le top 5»

Le rider vaudois Pat Burgener a terminé au pied du podium, mercredi, lors de l'épreuve olympique de halfpipe des Jeux de Pyeongchang. L'aboutissement d'un rêve.

par
Oliver Dufour
Bokwang
Le bonheur de Pat Burgener était intense au terme de son dernier run.

Le bonheur de Pat Burgener était intense au terme de son dernier run.

Keystone/AP/lee Jin-man

Il suffisait de voir la joie intense du Lausannois de 23 ans dans l'aire d'arrivée pour comprendre ce que représentait pour lui cette aventure olympique. Après avoir exécuté à la quasi perfection son troisième et ultime run, Patrick Burgener a arraché son casque d'un geste vigoureux pour le propulser à des dizaines de mètres, comme l'avait fait le vainqueur de l'épreuve, Shaun White, dès son premier passage. «J'étais complètement dans une bonne vibe aujourd'hui. J'étais heureux d'avoir posé mon meilleur run. C'est un des plus beaux événements auxquels j'aie participé, si ce n'est le plus beau!» Un peu plus tôt, le résident de Crans-Montana avait failli signer une performance similaire, ayant pris la peine de retirer sa veste, à l'occasion de son deuxième passage, mais avait manqué la réception de sa dernière figure, son fameux switch backside double cork 1080. Burgener s'était alors pris la tête entre les mains, forcément enragé d'être passé si proche de sa meilleure performance.

Une frustration rapidement oubliée au moment de décrocher un excellent 4e rang provisoire, juste derrière un incroyable trio composé de Shaun White (USA), Ayumu Hirano (Jap) et Scotty James (Aus). «Je ne méritais pas de finir sur le podium. Ces gars-là ont tout déchiré. Le niveau était vraiment cool, génial de voir le sport évoluer dans ce sens-là et de faire partie de cette évolution», a souri Burgener. S'il fallait trouver un petit point noir sur cette belle page blanche, il s'agirait de la perte d'un rang au classement au profit de l'Américain Ben Ferguson. «C'était un peu scandaleux. Il m'est passé devant avec un seul double cork (ndlr: figure avec rotation vrillée), alors que j'en ai placé quatre. Il a obtenu une note de 90 alors que ça méritait au mieux un 82. Mais je ne veux plus en parler, c'est le job des juges, pas le mien. J'ai eu ce que je voulais, c'est tout ce qui compte.»

Fin d'un cycle avant l'entame d'un nouveau

Le rider de 23 ans a aussi insisté sur le niveau de la compétition, que son coéquipier saint-gallois Jan Scherrer (9e) a étiqueté comme «la plus folle finale qu'il y ait jamais eu». «C'était vraiment l'une des plus belles batailles de ma vie et je suis fier de faire partie du top 5 mondial», s'est félicité le Vaudois. «Alors qu'il y a quatre ans je n'étais même pas aux Jeux et que j'hésitais à arrêter ma carrière. J'ai un immense respect pour tous ceux qui ont concouru dans cette épreuve, c'était hallucinant.» Après une dernière épreuve début mars à l'US Open, où il tentera de glaner une médaille, Pat Burgener entamera un nouveau cycle. «J'aurai besoin de me poser, de jouer de la musique et sortir un nouvel album, tout en participant à des compétitions. Après deux ans viendra à nouveau une période de préparation pour les prochains Jeux.»

Pour Jan Scherrer, qui sera aussi du rendez-vous de l'US Open à Vail, dans le Colorado, «le niveau était totalement fou». Le Saint-Gallois a pleinement savouré son expérience olympique en se montrant satisfait d'avoir pu rivaliser avec les douze meilleurs riders du monde. «Les conditions étaient vraiment les meilleurs de la semaine et chacun a posé des runs de très haut niveau. En plus c'est LE moment où tous les regards sont braqués sur le snowboard. J'ai plein de gens qui m'ont envoyé des messages de Suisse pour me dire qu'ils allaient se lever au milieu de la nuit pour regarder, c'est assez fou! Pour ma part j'ai clairement fait le meilleur run de ma vie sur mon deuxième passage. J'ai simplement manqué de hauteur pour obtenir plus de points. Et si j'avais en plus posé la dernière figure de mon troisième run, j'aurais sans doute bien grimpé au classement. Par rapport à Shaun, il me manque des figures pour lutter pour le podium. Il a enchaîné deux rotations à 1440 degrés (ndlr: quadruple rotation) et deux à 1260 (trois tours et demi), alors que j'ai fait deux 1260 et deux 1080. White s'est battu parce qu'il est allé juste un plus haut qu'Ayumu, qui a fait exactement les mêmes figures. Le Japonais avait fait le même run aux X-Games. Je sais que je peux encore progresser. Il faut ajouter de nouvelles figures. C'est facile à dire, mais c'est ça. Par exemple Scotty James, il y a un an il n'était pas capable de faire le même run que moi. Ça montre la marge de progression!» Le rider de 23 ans a lui aussi décidé de décompresser au cours des prochaines semaines. «Je vais aller simplement rider pour moi, peut-être dans de la poudreuse, avant d'attaquer la dernière compétition de la saison.»

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