Genève: Fiesta en prison: matons blanchis faute de preuves
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GenèveFiesta en prison: matons blanchis faute de preuves

Accusés d'avoir remis aux médias des images de surveillance, les quatre gardiens de Favra ont été réintégrés, mais au seul «bénéfice du doute».

par
Didier Tischler Taillard
L'établissement de Favra accueillait des détenus en fin d'exécution de peine.

L'établissement de Favra accueillait des détenus en fin d'exécution de peine.

Détenus assistant à un concert punk, pique-nique arrosé de bières ou dîner avec la directrice de la prison de Favra. Ces événements filmés en 2011 et 2012 avaient défrayé la chronique en mars 2013. Accusés d'avoir remis les images à la presse, quatre agents de détention étaient suspendus dans la foulée et le Conseil d'Etat ouvrait une enquête administrative. Au terme de celle-ci, l'Exécutif réintégrait les gardiens en avril dernier.

Dans un arrêté confidentiel rendu récemment, le gouvernement indique que «malgré les soupçons, il n'a pu être incontestablement établi que des images aient été extraits du système de vidéosurveillance» par l'un ou l'autre des gardiens, «ni qu'il les avait transmises à la presse». Conclusion du Conseil d'Etat: «une sanction disciplinaire ne se justifie pas». Du côté du Département de la sécurité, chargé du dossier, on note que «les éléments de preuve font défaut» et qu'«il leur est donc accordé le bénéfice du doute».

Ces décisions font bondir Jacques Roulet. L'avocat des gardiens dénonce une «farce». Il relève que «l'enquête n'a relevé aucune faute de mes clients et que la directrice n'est pas inquiétée alors que sa responsabilité est engagée». L'avocat compte interpeller Pierre Maudet par écrit. «Je vais demander que mes clients puissent être dédommagés et touchent les indemnités auxquelles ils ont droit ». L'affaire n'est sans doute pas encore arrivée à son terme.

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