Fillette attend son papa, désespérément...

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Fillette attend son papa, désespérément...

GENEVE. Malgré un test de paternité positif,un père refuse de voir sa fille et de lui verser
une pension.

«C'est toi mon papa?» questionne la petite Julie*, 3 ans. A juger par son physique, on lui en donnerait au moins cinq. Et la petite tête blonde est aussi très bien remplie: «Non, non, reprend-elle, mon papa à moi a moins de cheveux...» Julie n'a pourtant vu son père que sur les photos. Et ce fonctionnaire d'une organisation internationale a toujours évité de la rencontrer. «Il ne veut pas la voir», lâche dans un soupir Miranda*, la mère de Julie. Voilà plus de trois ans que la famille passe de procédures administratives en tribunaux. «Dès notre séparation, il a refusé de la reconnaître, reprend Miranda. Il prétendait qu'elle n'était pas sa fille.» C'est l'ADN qui aura le dernier mot. Les conclusions du test de paternité, ordonné par la justice, sont sans appel. A 99,99%, il s'agit bien du géniteur de Julie. «Malgré cela, le père a gardé des doutes», ironise Miranda. «Car il en subsiste toujours un, si infime soit-il», confirme Christian Gehrig du laboratoire de médecine légale. Et d'ajouter «qu'il faudrait procéder à une analyse de la population mondiale pour en être complètement certain...»

Pour ne pas avoir à verser de pension alimentaire, le père de Julie a multiplié les recours. L'affaire est arrivée jusqu'au Tribunal fédéral qui l'a débouté fin août. Il doit désormais verser ses pensions. Julie et et sa mère attendent toujours.

Shahïn Ammane

*prénoms d'emprunt

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