Publié

FranceFilmer des CRS en action pourrait devenir un crime

Un projet de loi réclamé par les forces de l’ordre fait des remous. Beaucoup y voient une censure inquiétante.

Selon les policiers, certaines vidéos les mettent en danger.

Selon les policiers, certaines vidéos les mettent en danger.

AFP

C’est une demande de longue date des syndicats policiers, qui pourrait donner lieu à des débats passionnés dès mercredi au Parlement. La proposition de loi sur la «sécurité globale» prévoit de punir de 1 an de prison la diffusion d’images permettant d’identifier des policiers ou gendarmes en opération.

Le projet, qui émane du parti présidentiel La République en marche, met les réseaux en ébullition. Pour beaucoup d’internautes, ainsi que des militants, magistrats et journalistes, il s’agit d’une atteinte à la liberté d’informer et surtout de documenter les violences policières. Le collectif La Quadrature du Net, par exemple, y voit notamment un instrument de pression sur les réseaux sociaux pour qu’ils suppriment les vidéos de bavures.

Protéger les membres des forces de l’ordre

Des images tournées par des témoins ont pourtant permis ces derniers mois de sanctionner des agents, comme dans le cas d’une retraitée grièvement blessée en mars 2019 lors d’une manif de «gilets jaunes» à Nice.

Le gouvernement a balayé les accusations de censure; seule l’«intention malveillante» serait punie.
Thierry Clair, du syndicat Unsa-Police, défend le texte en rappelant le précédent de l’attentat de Magnanville, en 2016, quand un couple de fonctionnaires de police avait été assassiné chez lui par un jihadiste. «De nombreux collègues se retrouvent affichés sur les réseaux sociaux avec des menaces, des faits publiés sur leur vie privée, parfois leur adresse, leur téléphone», a-t-il expliqué au micro de France Inter.

(arg)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!