Bonfol (JU): Fin de l'assainissement de la décharge chimique
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Bonfol (JU)Fin de l'assainissement de la décharge chimique

Cela aura pris six ans, mais la dernière tonne de déchets toxiques a été excavée lundi.

La majeure partie des travaux de décontamination et de démontage des infrastructures sera terminée d'ici fin 2017.

La majeure partie des travaux de décontamination et de démontage des infrastructures sera terminée d'ici fin 2017.

photo: Keystone

Il n'y a désormais plus de déchets chimiques dans la décharge de Bonfol (JU). Depuis 2010, plus de 200'000 tonnes de produits toxiques et de terres contaminées ont été excavées du site pour être incinérées à l'étranger. La facture finale pour la chimie bâloise dépasse 380 millions de francs.

Cinquante-cinq ans après le début de l'entreposage des déchets toxiques, l'assainissement de la décharge de Bonfol, en Ajoie, est terminé, ont annoncé vendredi la bci, consortium regroupant les entreprises de la chimie bâloise chargées de nettoyer le site, et le canton du Jura. La dernière tonne a été excavée lundi.

Au total, 114'000 tonnes de déchets avaient été enterrées pêle-mêle et sans inventaire dans une glaisière près de la frontière française de 1961 à 1976. C'est en 2000 que le Gouvernement jurassien a exigé de la chimie bâloise l'assainissement de la décharge. Il aura fallu 16 ans pour étudier, préparer le projet et excaver les déchets.

«Aujourd'hui, Bonfol est débarrassé de ses déchets», s'est réjoui le ministre jurassien David Eray. «C'est une page qui se tourne, mais l'ouvrage n'est pas achevé», a-t-il ajouté. Le chef du Département de l'environnement faisait allusion à la poursuite des contrôles, au démontage des installations et à la réaffectation du site.

La majeure partie des travaux de décontamination et de démontage des infrastructures sera terminée d'ici fin 2017. La chimie bâloise va ensuite procéder au reboisement des quelque 15 hectares du site d'ici 2019. L'association Escale Bonfol, avec le concours de Mario Botta, souhaite ensuite mettre en valeur ce lieu.

Principe de précaution

Pour excaver en toute sécurité ces dizaines de milliers de tonnes de déchets, il aura fallu construire une halle hermétique soutenue par des arches hautes de 40 mètres. Au total, ce sont 202'200 tonnes de déchets toxiques et de terres contaminées qui ont été déterrées.

Cela représente 23'500 conteneurs acheminés par le rail vers des usines d'incinération à haute température en Allemagne et en Belgique, soit un train qui s'étirerait de Lausanne à Berne. A cela s'ajoutent plus de 80'000 tonnes de terres souillées éliminées en Suisse et aux Pays-Bas.

Un seul incident sérieux

Les travaux ont connu un coup d'arrêt de plusieurs mois après une explosion dans la halle en juillet 2010 qui n'avait pas fait de blessé. Depuis, plus aucun incident n'est venu entraver le ballet des grappins et des pelleteuses. Les observateurs qualifient cet assainissement d'exemplaire.

Pour le canton du Jura, ce dossier a représenté dès le départ un défi politique, juridique, technique et financier hors norme, a souligné le ministre David Eray. L'Etat a dû engager des ressources importantes et solliciter de nombreux experts. L'intégralité des coûts liés à ces tâches a été prise en charge par la chimie.

Question financière

Les autorités cantonales et la bci ont signé en 2005 une convention qui réglait le problème financier. Le canton et le village jurassien de Bonfol n'auraient rien à payer. Le coût de l'assainissement s'élève à plus de 380 millions de francs, soit le double de l'évaluation initiale.

Dans son essai publié en 2014, le journaliste José Ribeaud estime que la chimie aura finalement dépensé près de 500 millions depuis le début de l'exploitation de la décharge. Ce montant intègre des travaux de géologue réalisés entre 1961 et 2000. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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