Actualisé 25.10.2010 à 18:55

FranceFin de la grève dans deux raffineries Esso

Le mouvement de grève dans les raffineries et les dépôts de carburant en France, fer de lance de la contestation de la réforme des retraites, a entamé lundi sa décrue.

Cette décision porte à trois le nombre des raffineries où la reprise a été décidée.

Cette décision porte à trois le nombre des raffineries où la reprise a été décidée.

Ce repli survient alors qu'au Parlement, les jeux sont faits. La réforme devrait être adoptée définitivement mercredi.

Des représentants des députés et des sénateurs se sont entendus sur un texte commun qui ouvre la voie à l'adoption définitive du projet de loi mercredi par le Parlement. Quelques heures plus tard, les salariés de ce secteur stratégique ont commencé à voter la reprise du travail dans leurs entreprises.

«Sarkozy est prêt à casser de l'ouvrier, la raison doit peut-être l'emporter, on a en face quelqu'un qui nous méprise, est-ce que vraiment on veut aller au casse pipe?», demande un syndicaliste de la raffinerie Ineos-Lavera (Bouches-du-Rhône). «Je pense qu'il n'en vaut pas la peine, même si c'est assez amer. Il faut espérer des jours meilleurs.»

La mobilisation dans la rue continue

Les salariés des deux raffineries Esso du groupe américain Exxon- Mobil ont voté la reprise du travail, de même que ceux de la raffinerie du groupe suisse Petroplus, située à Reichstett (Bas- Rhin). Neuf raffineries, sur les 12 que compte le pays, restaient cependant en grève.

D'autres assemblées générales devaient se prononcer par vote dans la journée de lundi sur la poursuite ou non du mouvement dans les raffineries qui sont encore arrêtées. Les salariés attendent désormais la reprise de l'approvisionnement en pétrole brut pour relancer la production, a déclaré la CFDT.

Mais les syndicats ne désarment pas. Ils promettent de nouveaux bras de fer dans la rue cette semaine, avec une nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations jeudi dans tout le pays, précédée mardi de protestations d'étudiants. Une autre journée d'action aura lieu le 6 novembre.

Le spectre de la pénurie s'éloigne

Le gouvernement a ordonné l'usage de la force pour débloquer une vingtaine de dépôts depuis plusieurs jours. Les importations ont permis de ravitailler les quelque 12'300 stations-service du pays, dont un quart connaissaient des problèmes.

D'ores et déjà, un porte-parole de l'Union française des industries pétrolières (Ufip) a annoncé que plus aucun dépôt sur le territoire français n'était bloqué. Une nouvelle qui éloigne le spectre d'une pénurie de carburant, redoutée la semaine dernière.

L'exécutif et le patronat ont fait monter la pression lundi sur les grévistes en évoquant le coût pour l'économie française d'un mouvement largement limité au secteur pétrolier puisqu'il n'a jamais réellement affecté les transports.

Envoyer la facture à Sarkozy

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a estimé que les grèves avaient coûté entre 200 et 400 millions d'euros par jour à la France. Mais surtout, qu'elle avait terni son image. Elle a aussi souligné que le conflit dans les raffineries pesait lourdement sur l'industrie chimique et se révélait aussi «très douloureux» pour les petites entreprises (PME/TPE).

La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) parle quant à elle d'une perte pour l'économie de quatre milliards d'euros à ce jour.

Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général du syndicat Force ouvrière, Nicolas Sarkozy porte lui-même la responsabilité de ce coût. «Il faut envoyer la facture au président de la République», a- t-il déclaré le sur Radio Classique.

Les Français satisfaits des syndicats

Près de six Français sur dix se déclarent satisfaits de l'action des syndicats durant la crise sociale liée à la réforme des retraites, montre lundi un sondage Ifop pour le quotidien «France Soir». Plus de deux sur trois se disent mécontents de celle de Nicolas Sarkozy. (afp)

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