Fin de la mission économique de Doris Leuthard au Mexique
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Fin de la mission économique de Doris Leuthard au Mexique

Doris Leuthard a constaté cette semaine au Mexique des perspectives prometteuses pour les firmes helvétiques, mais le terrain reste semé d'embûches.

Les autorités, désireuses de renforcer les échanges avec la Suisse, l'ont en partie rassurée.

Elles font preuve d'engagement pour solidifier leur économie, s'est réjouie la conseillère fédérale vendredi au terme d'une mission de quatre jours.

Le Mexique, 2e partenaire de la Suisse en Amérique latine après le Brésil, a su trouver un nouvel élan pour prendre le 14e rang économique mondial. Il est le seul Etat d'Amérique latine dans l'OCDE et jouit d'une vive croissance.

Avec plus de 80% de ses exportations destinées aux Etats-Unis, il sera touché par le ralentissement américain. «Le pays s'y est toutefois préparé», a souligné Mme Leuthard. Il diversifie son industrie pour moins dépendre du pétrole, et cherche à multiplier ses partenaires en se tournant vers l'Europe et la Suisse.

Accord pour l'environnement

Les entreprises helvétiques ont une carte à jouer dans les biotechnologies et la finance. L'environnement et l'énergie, parmi les grands défis du Mexique, sont aussi des marchés potentiels. Un accord de coopération dans ces domaines doit être élaboré ces prochaines semaines.

Les exportations suisses - machines, pharma et chimie surtout - sont favorisées par l'accord de libre-échange Mexique-AELE entré en vigueur en 2001, mais ce traité doit être optimisé.

A cet effet, la conseillère fédérale et la délégation économique qui l'accompagnait ont rencontré les ministres de l'économie, des finances et de l'environnement. Ils ont mis sur la table les noeuds à dénouer et estiment avoir été entendus.

Protéger la propriété intellectuelle

La protection de la propriété intellectuelle a été un sujet sensible. Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH), est monté au front pour défendre les intérêts helvétiques face aux contrefaçons.

Le ministre mexicain de l'économie Eduardo Sojo compte donner plus de compétence au ministère public. Il a aussi ouvert la porte à une action originale: des Suisses vont former techniquement les douanes pour les aider à discerner les vrais produits des faux.

Côté pharma, Alexandre Jetzer, du conseil d'administration du groupe bâlois Novartis, a livré un plaidoyer pour une meilleure protection des brevets. Les ministres ont pris note de cette lacune qui freine les investissements suisses dans la recherche, mais ont concédé que ce n'était pas leur priorité.

Réduire la criminalité

Il faut dire qu'ils sont absorbés par une tâche urgente: la réduction de la criminalité qui mine le pays à tous les niveaux. Violence, meurtres, enlèvements et corruption sont monnaie courante, le plus souvent en lien avec les cartels de la drogue.

Le phénomène désécurise aussi les firmes suisses, c'est pourquoi Doris Leuthard a été rassurée d'apprendre que le président, loin de se voiler la face, était déterminé dans ce combat. (ats)

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