Fini l'alibi des oreillers en chanvre
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Fini l'alibi des oreillers en chanvre

Le canton veut une loi commune aux
cantons romands pour dissiper le flou autour de la culture du cannabis.

Du chanvre indoor cultivé pour en faire des huiles essentielles et des tisanes? Il y a belle lurette que la police n'y croit plus. Mais les chanvriers d'intérieur s'en sortent encore parfois devant les tribunaux: pour condamner un cultivateur, il faut prouver que le chanvre est vendu comme drogue, alors que de nombreuses autres utilisations sont connues.

Pourtant, personne n'est dupe. «Le chanvre indoor demande une débauche d'énergie et de produits chimiques. Il est douteux qu'il puisse être rentabilisé sauf à être vendu au prix... de la drogue», indique Vincent Delay, juriste à la police cantonale. Cette difficulté à prouver l'usage du cannabis ne va peut-être pas durer. Le Tribunal fédéral a déjà mis en évidence la nécessité de lois cantonales qui permettent d'agir quand du chanvre n'est pas utilisé conformément à l'usage déclaré par celui qui en fait commerce.

Dans le canton de Vaud, la motion du député François Payot demande également de légiférer. Dans le même temps, les chefs de Département de justice et police des cantons romands et du Tessin planchent sur un concordat instituant une loi commune. Celle-ci pourrait ressembler aux textes qui existent déjà à Bâle ou au Tessin, explique Vincent Delay: «Il s'agit, par exemple, d'exiger d'annoncer les cultures de chanvre et de soumettre la vente à autorisation.» Elle pourrait entrer en vigueur en 2011.

Thomas Fédix

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