Violence: Flics agressés: Genève et Vaud aussi touchés
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ViolenceFlics agressés: Genève et Vaud aussi touchés

Une étude a révèlé qu'à Zurich, un agent sur trois craint d'être agressé au travail. Mais Vaud et Genève ne sont pas épargnés, expliquent des agents.

par
Raphaël Pomey/Ila

Agents de train et conducteurs de bus ne sont pas les seuls travailleurs en uniforme à ne plus supporter l'agressivité de la population. Récemment publiée à l'Uni de Berne, une étude indique qu'entre 1990 et 2008, le nombre de condamnations pour menace ou violence sur policier a quadruplé à Zurich. Autre chiffre marquant, le tiers des 299 agents communaux interrogés avouent craindre d'être agressés durant le boulot.

«Nous connaissons aussi ce phénomène», note Frédéric Graber, président de l'Association professionnelle des gendarmes vaudois. Il explique qu'une chose impensable il y a dix ans, comme le port continu d'un gilet par-balle jour et nuit, est devenue la règle. «Dans bien des agressions, il y a un lien avec l'alcool. Mais depuis quelques années, la cocaïne est quasi en vente libre dans les rues. Plein de gens consomment ces excitants et n'ont plus peur de se frotter aux agents.»

«C'est sûr que les collègues ont peur, ils n'osent plus aller au contact, ajoute Christian Antonietti, président de l'Union du personnel du corps de police, à Genève. Les jeunes gendarmes ne répondent plus par la force, de peur des conséquences: la déontologie à outrance est nuisible.» Il évoque, inquiet, l'importation du phénomène des bandes, autrefois réservé aux Etats-Unis et à la France, à Onex ou Meyrin.

La violence ne laisse pas non plus insensible la Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police. Dans une pétition actuellement étudiée par la Commission des affaires juridiques du Conseil national, elle demande notamment un durcissement du Code pénal pour les agressions sur policiers.

Les stats de la peur

6,5: c’est le nombre de policiers agressés chaque jour en Suisse. Selon la Fédération nationale des Fonctionnaires de Police, les attaques sur agents ont fait +160% entre 2000 et 2008. «Le manque d’autorité que l’on voit dans les familles rejaillit sur la société», juge son secrétaire général, Max Hofmann.

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