Etats-Unis: FMI/G20: dialogue de sourds sur le commerce
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Etats-UnisFMI/G20: dialogue de sourds sur le commerce

Les réunions du FMI et du G20 vendredi ont été le théâtre d'un dialogue de sourds entre les Etats-Unis et leurs alliés.

Le ministre américain des finances Steve Mnuchin. (Vendredi 20 avril 2018)

Le ministre américain des finances Steve Mnuchin. (Vendredi 20 avril 2018)

Keystone

Les Etats-Unis et leurs alliés ont nourri un dialogue de sourd vendredi sur le commerce à l'occasion des réunions du FMI à Washington. Les uns ont identifié des pratiques «déloyales» comme menace, alors que les autres pointaient du doigt une potentielle guerre commerciale.

Le ministre américain des finances Steve Mnuchin a dit croire «fermement que les pratiques commerciales déloyales dans le monde entravent la croissance de l'économie mondiale et des Etats-Unis». Il a pressé le Fonds monétaire international (FMI) de «parler plus haut et plus fort de la question des déséquilibres extérieurs».

Le repli sur soi n'est «pas la bonne façon» de s'attaquer aux déséquilibres commerciaux, a répondu le ministre brésilien des finances Eduardo Refinetti, critique à peine voilée des Etats-Unis.

Au nom de la défense de la sécurité nationale, Donald Trump a imposé le 8 mars, de manière unilatérale, des droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium. Son administration a ensuite spécifiquement ciblé la Chine, qu'il accuse de «transfert forcé de technologies américaines» et de «vol de propriété intellectuelle», en dressant une liste provisoire de produits chinois susceptibles d'être soumis à leur tour à de nouvelles taxes pour compenser ces pratiques commerciales jugées «déloyales». Le géant asiatique a répliqué avec des représailles dans des proportions identiques.

Front européen

Steven Mnuchin s'en est aussi pris aux pays disposant de surplus comme l'Allemagne. Mais sur ce point, le FMI a semblé lui donner raison en s'inquiétant vendredi des excédents commerciaux allemands qui ne diminuent pas. La France s'est dit de son côté disposée à reconnaître que la Chine devait améliorer ses pratiques en matière de commerce.

«Le diagnostic (des Américains), nous le partageons», a déclaré le ministre français de l'économie, Bruno Le Maire. «Nous avons des difficultés sur les surcapacités de l'acier. Nous avons un sujet sur la protection de nos technologies. Nous ne voulons pas de pillage des technologies françaises», a-t-il indiqué. Pour autant, il s'est refusé à «entrer dans un combat contre la Chine», qui serait «vain et inutile», soulignant qu'il voulait plutôt engager Pékin dans un dialogue constructif.

Dans ce dossier, les pays européens font front commun et avancent «de manière unie», s'est-il félicité, confirmant des propos de son homologue allemand Olaf Scholz. «Agir ensemble a prouvé son efficacité», a commenté ce dernier.

«Nous avons l'impression que les Etats-Unis jouent avec le feu. Ce n'est pas la bonne méthode que de mettre sous pression tout le monde, en particulier ses alliés», a déclaré à l'AFP une source européenne. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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