Actualisé 14.12.2009 à 14:42

Conférence de CopenhagueFonte dramatique de la calotte glaciaire

La calotte glaciaire du Groenland a fondu à un rythme alarmant au cours des dernières années, selon un rapport du Conseil arctique qui lance un cri d'alarme.

Elle constitue le plus grand réservoir d'eau douce de l'hémisphère Nord.

Le rapport, «une compilation» des résultats scientifiques récents sur la calotte glaciaire, a été débattu dimanche par des scientifiques à Copenhague.

Il s'agit d'un véritable «cri d'alarme» concernant cette île arctique qui «se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète», insiste Dorthe Dahl-Jensen, auteur principal du document.

«C'est très surprenant et préoccupant de voir l'inlandsis perdre autant de glaces» qui se déversent en icebergs dans la mer et à un rythme aussi accéléré: le volume est passé d'en moyenne 50 milliards de gigatonnes chaque année entre 1995 et 2000, à 160 milliards annuellement de 2003 à 2006» a-t-elle déclaré à l'AFP.

Une telle fonte représente «la fourniture de 64 litres d'eau par jour à tous les habitants de la terre pendant un an», indique ce professeur de l'institut Niels Bohr à l'université de Copenhague.

Depuis 1990

Cette fonte, précise-t-elle, se traduit par «une élevation d'un demi millimètre» du niveau des océans par an, soit 15 à 20% de la montée des mers au niveau planétaire (3,4 mm).

Alors que la calotte glaciaire - plus de 80% du Groenland - était en équilibre pendant des décennies, recevant autant de neige transformée en glace qu'elle n'en perdait, des mesures récentes témoignent d'un changement significatif.

L'inlandsis subit ainsi une perte globale de glaces depuis le début des années 1990, conséquence directe du réchauffement climatique, selon ce rapport.

Le glacier de Jakobshavn Isbrea à Ilulissat, témoin du réchauffement climatique au Groenland, a reculé de 15 km au cours des huit dernières années, lançant de plus en plus d'icebergs dans le fjord glacé d'Ilulissat, classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

Inuits concernés

La fonte de la calotte glaciaire contribuerait, selon la plupart des modèles actuels, à élever de 5 à 10 cm le niveau des mers du globe en 2100, voire de 20 cm en cas de réchauffement extrême, selon Mme Dahl-Jensen.

Le changement climatique a des conséquences directes sur le mode de subsistance des Inuits, lié à la chasse et à la pêche, surtout dans les villages les plus isolés, souligne Minik Rosing, co-auteur du rapport pour la partie socio-économique du réchauffement climatique.

Mais il offre aussi de nouvelles possibilités pour l'exploitation minière, les transports maritimes et la production énergétique (pétrole et gaz) au Groenland et dans ses eaux.

Pour l'Américain Robert Corell, directeur du programme sur le changement climatique au Centre Heinz à Washington, le changement climatique est visible à l'oeil nu au Groenland.

La fonte des glaciers «s'accélère dramatiquement. C'est tragique» car le réchauffement du climat a «un impact» sur la société groenlandaise et sur le reste du monde, explique-t-il.

Même en cas d'un accord ambitieux, il «faudra des décennies» avant de faire retomber la courbe des températures et d'en mesurer les effets», estime-t-il. Il y a «urgence», clame-t-il.

(ats)

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