Genève: Football féminin: un club hurle à la discrimination
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GenèveFootball féminin: un club hurle à la discrimination

La présidente d’Avanchet-Sport est fâchée. Elle juge que les règlements pénalisent injustement les joueuses.

par
Jérôme Faas
Le football féminin est en plein essor.

Le football féminin est en plein essor.

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«Il n’y a aucune raison pour que ce qui est possible pour les garçons ne le soit pas pour les filles.» Ana Roch, la présidente d’Avanchet-Sport, club de football genevois, ne décolère pas. L’association vaudoise (ACVF), qui gère le championnat régional, refuse qu’elle fasse jouer en moins de 19 ans des adolescentes en âge d’évoluer en moins de 15 ans. L’équipe a déjà perdu deux matches par forfait pour cette raison, et risque l’exclusion en cas de récidive.
Alors que le football féminin est en plein essor, Ana Roch n’accepte pas une décision qui risque de priver de jeu quatorze jeunes filles (lire l’encadré). «C’est de la discrimination!», juge la dirigeante, qui a pris un avocat: le règlement stipule en effet que les garçons peuvent être surclassés d’une catégorie d’âge. Pour les filles, cette possibilité n’est pas mentionnée (bien qu’elle ne soit pas explicitement proscrite).
Les instances, elles, nient toute inéquité. Elles font valoir que les classes d’âge, chez les garçons, englobent deux années. Chez les filles, en raison des effectifs réduits, elles ont été élargies à quatre années. «On s’est déjà battu avec Berne pour obtenir ces quatre ans, c’est une vraie avancée, maintenant, on s’y tient», explique Pierre-André Maerchy, responsable vaudois du football féminin. Serge Zanicoli, son homologue genevois, abonde. «Si on veut faire évoluer le football féminin, il faut qu’il y ait des règles. Si on accepte une dérogation, on ne s’en sort plus. Et faire jouer ensemble des adolescentes d’âges et de développements trop différents comporte des dangers.»

Le manque d’effectif vire au casse-tête

Le cul-de-sac où se trouve l’équipe féminine junior d’Avanchet-Sport illustre la difficulté des clubs à développer le foot féminin, encore peu peuplé. L’an passé, l’équipe jouait en moins de 15 ans. Quatre filles sont devenues trop âgées. L’association genevoise a refusé de leur accorder une dérogation. Résultat: le club n’a assez de joueuses ni en moins de 15 ans, ni en moins de 19 ans, l’association vaudoise ne voulant pas de surclassement. Et les solutions possibles (jouer avec les garçons ou avec les adultes) déplaisaient aux adolescentes.

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