Football: une Suisse profil bas
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Football: une Suisse profil bas

Espérée depuis bientôt cinquante ans, une victoire de la Suisse face à l'Allemagne mercredi soir à Düsseldorf redonnerait à la sélection de Köbi Kuhn un nouveau souffle dont elle a bien besoin.

Incapable de prolonger à l'automne la douce euphorie qui avait gagné tout un pays après une accession en huitième de finale de la Coupe du monde, l'équipe de Suisse aborde ce 49e derby profil bas.

Battue sur le même score de 2-1 en Autriche et contre le Brésil lors de ses deux dernières sorties, la Suisse risque de connaître une grande «première» sous l'ère de Köbi Kuhn: une série de trois défaites consécutives. Dans un stade plein avec un capitaine Michael Ballack désireux de démontrer en sélection que les critiques qu'il essuye sous le maillot de Chelsea sont injustifiées et un attaquant - Kevin Kuranyi - avide de revanche après avoir été privé de Coupe du monde, les Allemands ne manquent effectivement pas d'arguments.

Une situation confortable

Troisième de la Coupe du monde après avoir pratiqué un jeu séduisant, la «Mannschaft» n'a pas vraiment souffert de la passation de pouvoir entre Jürgen Klinsmann et Joachim Löw. En Allemagne, on croit Löw capable de faire fructifier l'héritage laissé par son prédécesseur. Malgré un couac à Chypre (1-1), la situation du nouveau sélectionneur est toujours aussi confortable, notamment grâce à une victoire en Slovaquie qui place son équipe en position de force dans la course à la qualification pour l'Euro 2008.

Qualifiée d'office pour cet Euro qu'elle rêve de gagner, la Suisse est, malgré tout, soumise elle aussi à la pression du résultat. A Innsbruck contre l'Autriche et à Bâle face au Brésil, les Suisses ont trop longtemps balbutié leur football. Même si Köbi Kuhn ne l'avouera jamais ouvertement, ces deux rencontres ont sans doute condamné le duo Vogel-Cabanas qui semblait pourtant indissociable depuis 2004. Ce duo manque trop d'envergure physique pour gagner aujourd'hui la bataille du milieu.

L'heure de Margairaz et de Behrami

Remplaçant à Cologne, Ricardo Cabanas ne figure pas dans la sélection de Köbi Kuhn pour le match de Düsseldorf. En revanche, la présence de Johann Vogel ne se discute pas. Le Genevois a retrouvé une place de titulaire au Betis Séville depuis la venue de Luis Fernandez. On exigera toutefois de sa part une toute autre implication qu'à Innsbruck ou à Bâle. Cabanas écarté, le temps est venu d'offrir à Xavier Margairaz la possibilité d'orchestrer le jeu de l'équipe de Suisse. Le Vaudois du FCZ mérite mille fois de débuter une rencontre internationale dans la peau d'un no 10 qui peut cultiver toutes les audaces.

Handicapé par une pubalgie lors de la Coupe du monde, Valon Behrami a retrouvé depuis le début de l'année une place de titulaire à la Lazio. Comme Margairaz, le Tessinois brûle de franchir un palier au sein de l'équipe de Suisse. Ce match de Düsseldorf face à l'une des toutes meilleures équipes du monde doit lui en donner l'occasion.

Un nouveau discours

La défense passera, bien sûr, un test très révélateur mercredi. Face à l'Allemagne, Köbi Kuhn a décidé d'aligner Benaglio et Coltorti une mi-temps chacun dans la cage. En attendant un éventuel transfert à Neuchâtel Xamax qui pourrait relancer sa carrière, Zuberbühler ne peut pas entrer en considération pour cette rencontre. Le Thurgovien n'a disputé qu'un seul match avec West Bromwich Albion depuis la mi-octobre. «Je ne peux plus me permettre de sélectionner des joueurs qui ne jouent plus régulièrement avec leur club», lâche désormais Köbi Kuhn. En laissant sur le quai les Cabanas, Gygax, Huggel, Wicky et autre Djourou, Köbi Kuhn donne du poids à ce nouveau discours.

Un résultat à Düsseldorf passe impérativement par une performance de choix de Senderos et de Müller. Ce duo n'a jamais déçu en sélection. Mais mercredi, les deux Genevois auront tout intérêt à oublier un week-end qui a tourné au cauchemar. A Middlesbrough samedi, Senderos a écopé de sa deuxième expulsion de la saison en Premier League. Quant à Müller, il a été, selon «L'Equipe» de lundi, «incroyablement faible» dimanche à Troyes où Lyon s'est incliné 1-0... (ats)

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