Genève: Forains prêts à zapper les Fêtes
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GenèveForains prêts à zapper les Fêtes

Les professionnels des manèges menacent de boycotter les Fêtes de Genève s'ils ne sont pas entendus par les autorités et la Fondation Genève Tourisme.

par
Léonard Boissonnas
Les forains ont dit leur colère jeudi.

Les forains ont dit leur colère jeudi.

photo: Kein Anbieter/leo/20min

«Nous sommes là pour contester totalement le nouveau concept des Fêtes». Chantal Wetzel, présidente de l'Association des forains romands, n'a pas mâché ses mots, jeudi. Les saltimbanques ont encore répété tout le mal qu'ils pensent de la nouvelle mouture de la manifestation estivale, qui les voit déménager de leur emplacement habituel autour de la Rade pour être placés au bout du quai Wilson et près du Port Noir. Une forme de mise au ban, dénoncent-ils.

Reprochant de ne pas avoir été écoutés, les forains réclament une rencontre tripartite avec la Ville de Genève et Genève Tourisme. A défaut, ils menacent de ne pas participer aux Fêtes. En ce cas, ils comptent demander une autorisation pour s'installer sur les quais deux semaines avant le lancement des festivités et reverser une partie de leurs gains à une œuvre caritative. «On n'a pas l'habitude de faire une action de force, mais là c'est une situation inacceptable à laquelle nous sommes confrontés pour la première fois», tonne Chantal Wetzel.

Des outils juridiques

Un avocat, Me Jérôme Picot, est venu épauler la corporation dans son combat: «Il y a un ras-le-bol légitime, explique celui-ci. Après soixante ans de participation, les forains n'ont-ils pas des droits acquis? Ils doivent être reçus et écoutés de manière équitable. Manifestement, dans ce concept, il n'y a aucun respect pour l'égalité de traitement des commerces. Il y a des outils juridiques: l'idée aujourd'hui n'est pas encore de les employer, mais d'avoir une rencontre constructive avec à la clé un accord qui ne lèse personne», poursuit l'homme de loi. Celui-ci estime qu'en versant près de 700'000 francs par an sous forme de redevance, les forains contribuent largement à l'organisation des Fêtes et ne peuvent en être exclus. L'avocat pourrait également demander des compensations: «Il pourrait y avoir des réclamations financières à qui de droit, mais reste à savoir qui, étant donné qu'il est aujourd'hui difficile d'évaluer les responsabilités.»

Selon nos informations, le rendez-vous avec la Ville et Genève Tourisme demandé par les forains devrait avoir lieu prochainement. Par ailleurs, les professionnels des manèges organiseront le 6 avril une journée tout à 2 francs sur la plaine de Plainpalais, l'occasion pour eux de faire connaître leur cause et récolter des signatures pour une pétition demandant leur retour autour de la Rade.

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