Actualisé 26.07.2012 à 13:22

Neuchâtel

Forcé de divorcer pour échapper à la précarité

Un retraité de 87 ans s'est résolu à se séparer de son épouse pour se soustraire à un arriéré d'impôt de plusieurs dizaines de milliers de francs qu'il ne pouvait assumer.

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La dette, qui s'élevait à 10'000 francs, était en attente auprès de l'Autorité fiscale, l'octogénaire ne pouvant s'en acquitter. En se remariant avec une femme plus jeune et salariée, le retraité a pourtant vu ressurgir cet arriéré, comme le relate «L'Express» dans son édition de jeudi.

La somme a même fini par tripler après que son épouse a retardé deux paiements, faute de revenus suffisants. Au représentant de l'Office des poursuites, qui lui a expliqué qu'il n'avait pas d'autre choix que de payer sous peine de se voir saisi jusqu'au socle du minimum vital, le retraité a alors lancé: «Je m'en sortirais mieux si je divorçais!» Ce qu'il a fini par faire. Selon ses calculs, son minimum vital était en effet plus élevé hors mariage que dans le cadre d'une union.

Son ex-épouse rattrapée par les poursuites

En se séparant de sa femme, l'homme a vu sa dette de nouveau enterrée et a même recouvré ses prestations complémentaires à l'AVS ainsi que l'aide pour sa prime maladie, supprimées du temps de son mariage puisque son épouse travaillait. Cette dernière, en revanche, s'en sort nettement moins bien puisque les poursuites n'ont pas tardé à la rattraper. Elle a également été forcée de déménager pour prouver la validité du divorce. Mais au-delà de l'aspect financier, c'est la situation globale qui révolte le retraité: «Amener des couples à se séparer pour le confort administratif de l'Etat, ce n'est pas admissible», déplore-t-il dans les colonnes du quotidien neuchâtelois.

«Le système génère parfois des effets pervers qui peuvent donner aux contribuables concernés un sentiment d'injustice», admet Thierry Marchand, chef de l'Office cantonal des poursuites. Vice-directrice du Centre social protestant à Neuchâtel, Isabelle Baume relève, pour sa part, que «chaque cas est particulier, bien sûr, mais on constate souvent que l'Etat considère deux personnes comme conjoints mariés, concubins ou célibataires, selon ce qui l'arrange».

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