Actualisé 07.11.2008 à 18:25

Industrie automobile

Ford et General Motors attendent leur salut de l'Etat

Contraints d'intensifier leur restructuration sur un marché en chute libre, General Motors et Ford ont brûlé leur trésorerie à un rythme accéléré au troisième trimestre.

Les deux constructeurs américains semblent condamnés à la faillite en 2009 en l'absence d'aides de l'Etat.

«La possibilité qu'un ou deux des trois constructeurs de Détroit (GM, Ford et Chrysler) ne cessent leurs activités est tout à fait réelle», juge Dave Cole, président de l'institut Center for Automotive Research.

Manque de liquidités chez GM

GM, le numéro un américain de l'automobile, a reconnu vendredi qu'il risquait de se retrouver dès le début 2009 avec un niveau de liquidités ne lui permettant plus de poursuivre normalement ses opérations.

«Les liquidités estimées pour le reste de 2008 approcheront le minimum requis pour faire fonctionner l'entreprise. Pour les deux premiers trimestres de 2009, même avec les mesures (de restructuration) prévues, les liquidités tomberont largement au- dessous de ce niveau», a indiqué GM, en annonçant une perte de 2,5 milliards de dollars pour les trois mois achevés fin septembre.

Ford moins touché pour l'instant

Son dauphin Ford a annoncé le même jour des pertes bien moins conséquentes (129 millions de dollars) et une situation de trésorerie moins tendue. Mais le groupe est déficitaire dans ses opérations: il a enregistré une perte opérationnelle de 2,7 milliards de dollars, à périmètre constant.

En conséquence, il a dû continuer à puiser dans sa trésorerie, qui a diminué de 7,7 milliards de dollars sur le trimestre. Il lui en reste 29,6 milliards. Mais au rythme actuel, ses caisses seront vides dans un an. Ford , qui a vu ses ventes s'effondrer de plus de 30% en septembre et octobre aux Etats-Unis, a annoncé par ailleurs qu'il entendait encore supprimer 10% de ses coûts salariaux en Amérique du Nord.

Béquille comme pour les banques

Ainsi acculés, les constructeurs accentuent la pression sur Washington. Ils insistent sur leur poids dans l'économie américaine dans son ensemble et le désastre macroéconomique que constituerait leur effondrement.

«L'industrie automobile en Amérique ne peut pas résister dans ces conditions économiques extraordinaires sans un soutien supplémentaire», affirme John Engler, président de la National Association of Manufacturers. «Son évolution nécessite du temps et de l'argent que les constructeurs automobiles n'ont tout simplement pas en ce moment», ajoute-t-il.

GM, Ford et Chrysler demandent aux autorités fédérales de leur fournir une béquille, comme elles l'ont fait pour le secteur financier.

GM «a pris une série de mesures déterminée pour 's'aider lui même' à redresser ses activités, mais un soutien additionnel du gouvernement américain pour aider l'industrie automobile pendant cette récession de notre industrie est essentiel», a fait valoir le numéro un américain.

Démarches politiques

Jeudi, les trois groupes ont rencontré la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, pour plaider leur cause. Une enveloppe de 25 milliards de dollars a déjà été votée pour des prêts permettant aux constructeurs, américains ou non, de faire évoluer leur production vers des modèles plus économes en carburant.

Le département à l'Energie s'est dit prêt mercredi à recevoir les demandes de prêts et à les traiter rapidement. Mais l'industrie automobile réclame plus et surtout des prêts avec des intérêts faibles pouvant être utilisés librement.

(ats)

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