Genève: Formation des profs: un élu veut écarter le Canton
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GenèveFormation des profs: un élu veut écarter le Canton

Un député aimerait dessaisir l'Université et le Département de l'instruction publique de la réflexion portant sur la refonte du cursus décrié.

par
Jérôme Faas
Jean Romain, député PLR au Grand Conseil genevois.

Jean Romain, député PLR au Grand Conseil genevois.

«Je pense que dans le canton, les dés sont pipés.» Le député PLR Jean Romain veut que le sort de l'Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE) soit placé en mains non genevoises. Vendredi, il a déposé au Parlement une motion réclamant qu'un organisme externe soit mandaté, et que l'IUFE, dont la rentrée a déjà été annulée en 2015, ne rouvre pas avant qu'une solution soit trouvée.

L'IUFE est critiqué de toutes parts depuis sa création, en 2009. Il ne satisfaits ni les étudiants, ni le département de l'instruction publique, ni l'Université. Mardi, un rapport de la Cour des comptes l'a éreinté, mettant noir sur blanc ce que tout le monde savait déjà: le fonctionnement de cette filière est parfaitement inadéquat. Les étudiants sont empêchés d'achever leur formation faute de stages en nombres suffisants. Les critères d'admission sont fluctuants. Des inégalités de traitement gangrènent le cursus.

DIP et Université juges et parties

Pour Jean Romain, la solution ne peut venir de l'intérieur du canton puisque le Département de l'instruction publique (DIP) comme l'Université sont à la fois juges et parties. «Le DIP parce qu'il entend conserver son droit de regard sur cette formation et l'Université parce qu'elle n'entend pas s'en séparer, ne serait-ce que pour conserver ses postes de professeurs.»

L'Université tient à la formation des instituteurs

Dans ses observations à la Cour des comptes, l'alma mater se déclare pourtant réticente à conserver cette formation dans son giron. «L'Université aurait peut-être envie de se débarrasser du secondaire, répond Jean Romain. En revanche, il est pour elle impensable de toucher au primaire, c'est-à-dire à la structure même de la FAPSE (ndlr : la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation).»

Une formation en trois ou quatre ans?

Si Jean Romain, à titre personnel, est un adepte de la solution vaudoise, soit une HEP (Haute école pédagogique) en trois ans, il explique ne pas vouloir passer en force au Parlement. «C'est justement pour cela que je réclame la création d'un collège d'experts, qui puisse nous exposer les différentes solutions avec un regard neuf.»

Sollicité, le DIP n'a pas souhaité commenter la motion de Jean Romain. La conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta s'était néanmoins par le passé déclarée favorable à plusieurs reprises, en public, à un modèle de formation des maîtres en quatre ans, soit l'actuel format genevois.

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