Bâle: Forte hausse du nombre d'intoxications au GHB
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BâleForte hausse du nombre d'intoxications au GHB

L'an dernier, l'hôpital univeristaire de Bâle a testé quatre fois plus de femmes positives à la drogue du violeur qu'en 2015 et 2016. Faire un lien avec des agressions sexuelles reste cependant difficile.

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mis/ofu
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En 2017, 21 patientes du l'hôpital universitaire de Bâle ont été testées positives au GHB.

En 2017, 21 patientes du l'hôpital universitaire de Bâle ont été testées positives au GHB.

USB/Barbara Sorg
Les médecins pensent que la majorité d'entre elles ont subi une agression. Or comme la grande majorité des femmes ne se souviennent de rien, il est difficile de le prouver.

Les médecins pensent que la majorité d'entre elles ont subi une agression. Or comme la grande majorité des femmes ne se souviennent de rien, il est difficile de le prouver.

Keystone/Regina Kuehne
Nicolas Armer

Une évolution inquiétante a été révélée à l'hôpital universitaire de Bâle (USB). Depuis deux ans, le nombre de patientes testées positives à la drogue du violeur (lire encadré) a drastiquement augmenté, rapporte lundi «bz Basel». L'an dernier, 21 cas ont été enregistrés contre 5 en 2015 et en 2016.

Eliminée après 6 à 8 heures

Ces chiffres paraissent d'autant plus étonnants que rien ne laisse supposer une hausse de la consommation volontaire de GHB. «En Suisse, ce produit ne figure pas parmi les stupéfiants les plus consommés», confirme Anne Tschudin, porte-parole du département bâlois de la santé. Dans son rapport, l'USB pense que la majorité des patientes positives à la drogue du violeur ont subi une agression. Mais ceci n'est qu'une supposition, difficilement prouvable.

Margit Becker, de l'aide aux victimes des deux Bâle, précise: «Lorsqu'on trouve des traces de GHB dans le sang, on peut le mettre en lien avec une agression sexuelle. Mais c'est souvent très difficile parce que la drogue est totalement éliminée du corps après 6 à 8 heures.»

Aucun souvenir

Les effets du GHB se manifestent en général très rapidement: étourdissements, nausées peuvent s'intensifier jusqu'à la perte de connaissance. En très peu de temps, les victimes perdent le contrôle de leur corps, sont manipulables et ne peuvent plus se défendre. Dès que les effets s'estompent, nombreux sont ceux qui souffrent d'un gros trou de mémoire. Roland Bingisser, médecin-chef des urgences de l'USB, confirme: «La plupart des patients ne se souviennent de rien.» En cas de soupçons de viol, les médecins conseillent aux patients de porter plainte auprès de la police. Roland Bingisser note cependant qu'il est parfois difficile de savoir si les personnes ont réellement ingurgité du GHB contre leur gré. A petites doses, explique-t-il, cette substance provoque des sentiments positifs.

Inodore et incolore

Le GHB est parfois utilisé en médecine, pour traiter les narcolepsies (troubles chroniques du sommeil) ou comme anesthésiant préopératoire. Depuis une vingtaine d'années, il connaît également un usage festif, mais aussi criminel: la drogue est mélangée à la boisson des futures victimes, qui consomment à leur insu ce liquide incolore et inodore. Et elles ne se souviennent plus de rien lorsque les effets du GHB commencent à s'estomper. C'est ce qui a valu à cette substance ce nom de «drogue du violeur».

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