Fou-rire permanent: Une fillette guérie
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Fou-rire permanent: Une fillette guérie

NEW YORK - Le cas peut faire sourire, mais il ne s'agit pas d'une plaisanterie: les médecins sont rentrés dans son cerveau pour retirer une tumeur bénigne qui la condamnait à rire en permanence et qui aurait pu la conduire à un retard mental.

«C'est comme si je retrouvais ma petite fille», a déclaré la maman d'Anastasia, Jennifer Anderson, rayonnante face aux journalistes. «Elle se porte à merveille.»

Les crises de rire ont commencé en mai 2006, a raconté Jennifer Anderson, avec quelques épisodes quotidiens seulement au début. Son mari et elle avaient alors cru, tout comme les médecins, à des crises de colère, au comportement terrible d'un enfant de deux ans, mais l'augmentation de la fréquence des crises a fini par les alerter.

«Vous pouviez vous dire, juste en la regardant, que quelque chose n'allait pas», a expliqué Jennifer Anderson, comparant le comportement de sa fille à l'ennemi juré de Batman. «Elle commençait par montrer les dents, puis souriait presque comme le Joker, je ne sais pas comment le décrire autrement», a ajouté Anderson.

En début d'année, les médecins ont conclu à un hamartome hypothalamique congénital, une tumeur cérébrale bénigne, logée dans le cerveau de la fillette. Cette pathologie très rare conduit à un rire incontrôlable, suivi de pleurs, de coups de pied et de cris. On ne compte que 30 cas par an dans le monde.

Les médecins de l'hôpital pour enfants Schneider à New Hyde Park (Etat de New York) ont retiré la tumeur de la petite Ana le 30 mars dernier, lors d'une intervention délicate et longue de quatre heures. Le Dr Steven Schneider, co-directeur du service de neurochirurgie pédiatrique, a déclaré que les crises avaient cessé et s'est montré optimiste quant au pronostic.

Steven Schneider, dont le nom n'a rien à voir avec celui de l'hôpital, a décrit l'intervention comme «un voyage au centre du cerveau», dans lequel l'erreur n'avait pas de place. Lui et son équipe se sont servis d'instruments chirurgicaux de navigation, une version high tech du GPS avec des caméras microscopiques et des instruments de très haute précision.

«Le risque le plus important est de vous perdre, de vous trouver là où vous ne vouliez pas être, et d'abîmer quelque chose», a-t-il ajouté.

L'hôpital Schneider est le second plateau technique des Etats-Unis à pouvoir réaliser cette chirurgie cérébrale rare. L'Institut neurologique Barrow de Phoenix (Arizona) était le premier.

«C'est incroyable», a déclaré le Dr Schneider. «Parce que cette opération permet à votre enfant un développement normal ou quasi-normal». Et il n'aura pas fallu longtemps aux parents pour s'en apercevoir. Dès qu'elle a vu sa fille leur sourire, juste après l'intervention, Anderson a su que tout allait rentrer dans l'ordre. (ap)

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