Genève: Fouillée, elle rate son avion: zéro indemnité

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GenèveFouillée, elle rate son avion: zéro indemnité

Une voyageuse a manqué son vol après un contrôle de sécurité. Elle ne sera pas dédommagée et crie au scandale.

par
Marine Guillain
Après ses péripéties, Luisa est finalement arrivée à Barcelone.

Après ses péripéties, Luisa est finalement arrivée à Barcelone.

photo: Kein Anbieter/DR

«C'est insensé!» Luisa n'en revient pas. Genève Aéroport vient de lui annoncer qu'il ne paierait rien pour la dédommager de sa mésaventure. Retour en arrière: le 17 juillet, la Française de 31 ans qui habite Genève se rend à Cointrin à 18 h. Elle doit prendre un avion pour l'Espagne quarante minutes plus tard. A la sûreté, les agents repèrent un objet suspect dans son sac. Démineurs, policiers, pompiers débarquent; la zone est vidée. «Ça a pris une ampleur incroyable!», s'étonne Luisa.

Objet de l'intervention: un lecteur DVD, qui «aux rayons X, ressemblait à s'y méprendre à un déclencheur d'explosifs, explique Bertrand Stämpfli, attaché de presse de l'aéroport. On ne pouvait pas ouvrir le sac avec le risque qu'il contienne une bombe, la réaction des agents a été la bonne.»

«On m'a laissée plantée là»

Environ 90 minutes plus tard, la trentenaire est «libérée», mais son avion a décollé sans elle. «Je ne reproche pas les mesures de sûreté, mais après m'avoir prise pour une terroriste, on m'a laissée plantée là sans me dire quoi faire», déplore la jeune femme. Pour elle, Cointrin doit lui rembourser les 150 fr. qu'elle a dépensés pour son nouveau billet.

Dans de telles situations, Genève Aéroport décide de faire un geste commercial au cas par cas, et prend en compte la responsabilité du passager. «Cette ex-employée est arrivée beaucoup trop tard et n'a pas sorti de son sac les objets électroniques, observe Bertrand Stämpfli. Elle devrait pourtant connaître les règles.»

«Espérer un geste est illusoire»

La Fédération romande des consommateurs (FRC) et l'ombudsman de la branche sont catégoriques: l'aéroport n'a pas à rembourser. Dans le contexte sécuritaire actuel, les voyageurs doivent s'attendre à des contrôles plus longs. Même si l'aéroport dit qu'ils sont d'une rigueur égale toute l'année. «Espérer un geste commercial en arrivant moins d'une heure avant la fin de l'embarquement me paraît illusoire», juge Valérie Muster, de la FRC.

On ne rigole pas avec les consignes

Le jour suivant, Luisa assure avoir passé le contrôle avec un chargement identique, «exactement de la même manière», mais sans être arrêtée. «C'est possible, reconnaît Bertrand Stämpfli, car c'est souvent la superposition d'objets qui donnent en transparence une image qui ressemble à un élément suspect. En revanche, si elle a fait le test exprès, elle encourt une plainte pénale pour avoir cherché intentionnellement à déjouer les services de sûreté», prévient-il.

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