Vol Amsterdam-Detroit: Fouilles, attente... de passagers après l'attentat manqué
Actualisé

Vol Amsterdam-DetroitFouilles, attente... de passagers après l'attentat manqué

«Trois heures dans les contrôles pour un vol d'à peine une heure, c'est n'importe quoi!»

Comme Paul Angoua, les passagers d'un vol Montréal-Washington ont vécu lundi comme un véritable chemin de croix les règles draconiennes imposées après l'attentat manqué à Detroit.

«Je suis parti de chez moi à 6h et à mon arrivée, l'aéroport était noir de monde», raconte ce Montréalais venu passer des vacances dans la capitale américaine.

Il fallait en effet attendre près d'une heure rien que pour enregistrer ses bagages, bien plus de temps que d'ordinaire, a constaté un journaliste de l'AFP.

Et avec les nouvelles règles de sécurité, les touristes se rendant à Las Vegas ou sur les plages des Caraïbes ont dû prendre leur mal en patience tout au long des trois étapes de contrôles imposées par les autorités américaines.

Une fois leurs bagages enregistrés, les passagers doivent encore attendre 45 minutes pour atteindre la première fouille. Avec les écriteaux «A partir de ce point, il vous reste (XXX) minutes d'attentes», la file prend des allures de parcs d'attraction.

Une fois atteint l'un des portiques de sécurité, consigne est donnée de présenter tous ses appareils électroniques et de se déchausser.

Pendant que les effets personnels sont examinés et que les passagers passent un à un sous les portiques, certains sont retenus pour une première fouille corporelle.

Après une autre demi-heure de file d'attente, vient l'étape des douanes américaines. Mais alors qu'il y a foule, à peine la moitié des 25 postes est ouverte.

«Il faudrait sans doute recruter d'autres personnes», souffle Jason Maggio, Montréalais dans la vingtaine.

Une fois ce contrôle passé, le chemin de croix se poursuit dans la zone «duty free», dont l'entrée est gardée par des policiers canadiens qui vérifient à nouveau cartes d'embarquement et passeports.

Autre mesure exceptionnelle: les larges allées menant aux boutiques d'alcools, de parfums et de tabac sont transformées en aire d'attente pour les salles d'embarquement, dont l'accès est entravé par des fouilles corporelles systématiques.

Le contenu des vestes et des bagages à main est également minutieusement vérifié.

«Une ou deux étapes de contrôle d'accord, mais trois, c'est peut-être trop», pense M. Maggio.

«Je ne sais pas ce qu'ils vont détecter de plus, s'ils n'ont pas à réussi à trouver» les produits chimiques que transportait le Nigérian qui a tenté en vain de faire sauter le vol 253 de Northwest, s'interroge Paul Angoua.

A l'écard des salles d'embarquements, bars et restaurants font grise-mine, désertés par les clients.

Finalement installés dans l'appareil d'Air Canada les menant à Washington, les passagers sont rappelés une nouvelle fois aux règles exceptionnelles: interdiction est faite de poser quoi que ce soit sur ses genoux pendant l'heure précédant l'atterrissage. Selon des témoignages, le Nigérian s'était servi d'une couverture pour dissimuler ses gestes.

C'est avec une bonne heure de retard que le vol arrive finalement à l'aéroport Ronald Reagan de Washington, de quoi faire pester Gervais Daui et Murielle Cnop, qui craignent de manquer leurs correspondances vers Paris et Bruxelles.

«C'est le bordel!» fulmine la jeune femme en récupérant ses valises. «C'est misérable, ils en font vraiment trop», renchérit son compagnon d'infortune.

«Je ne sais pas si ces mesures vont être temporaires. Si elles restent, il va falloir trouver des solutions optimales», lance Paul Angoua. (afp)

Ton opinion