Credit Suisse: Franc fort «douloureux» pour l'industrie
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Credit SuisseFranc fort «douloureux» pour l'industrie

Credit Suisse estime que même à 1,20 franc le cours de l'euro était déjà nettement surévalué pour la plupart des secteurs industriels en Suisse.

La valorisation du franc, un peu plus de 10% actuellement par rapport à avant le 15 janvier, pèse le plus sur les industries traditionnelles que sont le textile, le papier et la métallurgie, estime mardi Credit Suisse dans son «Moniteur Suisse». A l'inverse, les branches pharmaceutiques et des instruments de précision en souffrent moins. La banque estime que même à 1,20 franc le cours de l'euro était déjà nettement surévalué pour la plupart des secteurs industriels en Suisse. Du coup, la récente appréciation consécutive à l'abandon du taux plancher ne fait que renforcer le phénomène.

Selon les estimations des économistes de Credit Suisse, la juste valeur du taux de change avant l'abandon du taux plancher se situait à 1,24 franc pour un euro. Pour les industries du textile, des matières plastiques et des instruments de précision, le franc était surévalué de 20 à 30% par rapport à la monnaie unique européenne en 2014, indique mardi la grande banque dans son «Moniteur Suisse».

Dans les secteurs de l'électrotechnique, de l'industrie pharmaceutique et de l'industrie des machines, cette surévaluation était de l'ordre de 10 à 20%. Ces chiffres pourraient augmenter jusqu'à 15 points de pourcentage, en 2015, si le cours de change euro/franc s'établissait à 1,05 en moyenne annuelle.

Industries traditionnelles touchées

La valorisation du franc, un peu plus de 10% actuellement par rapport à avant le 15 janvier, pèse le plus sur les industries traditionnelles que sont le textile, le papier et la métallurgie. Les analystes s'attendent donc à de nouveaux replis de production dans ces secteurs ou à une délocalisation de leurs activités à l'étranger.

A l'inverse, les branches pharmaceutiques et des instruments de précision en souffrent moins. Celles-ci ont affiché une augmentation de l'excédent de leur balance commerciale ces dernières années. La demande de produits pharmaceutiques ou d'appareils hautement spécialisés protégés par des brevets s'avère donc moins sensible aux prix que dans l'industrie traditionnelle.

Pas de récession

L'économie helvétique devrait toutefois éviter de tomber en récession, malgré le «choc» du franc fort, grâce à la situation relativement solide de l'économie mondiale. Ce que Credit Suisse appelle le «super cycle» (immigration, taux bas et boom immobilier) devrait continuer à soutenir la consommation, mais dans une mesure plus faible.

A lui seul, le recul attendu des prix de 1,3% cette année devrait relever le pouvoir d'achat des salariés de près de 5 milliards de francs, relèvent les experts de la grande banque. Ces derniers relèvent toutefois qu'il ne faut attendre aucune stimulation marquée de la croissance, qui devrait atteindre 0,8% en 2015 et 1,2% en 2016, comme précédemment annoncé.

Par ailleurs, Credit Suisse estime qu'à l'occasion de son examen de la situation économique et monétaire le 19 mars prochain, la BNS devrait confirmer sa politique monétaire actuelle. Elle ne devrait envisager des achats de devises ou une nouvelle baisse du taux d'intérêt - déjà négatif - sur les dépôts que les banques détiennent auprès d'elle que si le franc s'appréciait à la parité avec l'euro. (ats)

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