Actualisé 26.02.2015 à 10:52

Genève

Franc fort: si l'ONU part, cela coûtera plus cher

Le franc fort renchérit la place de Genève comme centre de la coopération internationale.

Les avantages d'une présence de toutes les organisations en Suisse l'emportent sur les coûts, selon le directeur général de l'ONU. Il faut faire une analyse plus globale, a-t-il dit.

«Si on démantèle la Genève internationale, on s'apercevra qu'à la longue cela reviendra plus cher et qu'on sera moins efficace», a déclaré jeudi le directeur général de l'ONU Michael Moller, interrogé sur l'impact du franc fort pour la Genève internationale, lors d'un petit-déjeuner de presse.

Il a affirmé qu'il se bat contre la tendance à délocaliser certains services. «Les calculs basés sur des considérations financières, des loyers plus chers et des salaires plus élevés, sont trop étroits. On oublie dans l'analyse les avantages d'être tous présents ici», a affirmé le directeur général de l'ONU.

Impact plus fort

Il a pris l'exemple du domaine de la santé où tous les acteurs sont présents à Genève, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à l'ONUSIDA, du Fonds mondial à l'Alliance pour la vaccination (GAVI) et aux ONG. «L'impact de leur travail est plus fort que si ces organisations se trouvaient dans cinq endroits différents», a dit M. Moller.

«Etre à Genève vaut la peine pour les décideurs, ils en ont pour leur investissement», a ajouté le Danois. Le directeur général de l'ONU a précisé que le secrétariat de l'ONU opère pour sa part de plus en plus en francs suisses. Les agences de l'ONU sont moins touchées par l'évolution de l'euro que celle du dollar, monnaie dans laquelle beaucoup de gouvernements paient leur contribution.

Rôle consolidé

Michael Moeller a souligné que depuis l'an dernier la cité de Calvin a consolidé son rôle comme centre de la diplomatie mondiale, avec des réunions sur la Syrie, le nucléaire iranien, l'Ukraine et la Libye. Il s'est déclaré convaincu que Genève va prendre encore plus d'importance ces prochaines années.

En 2014, 23'117 personnes travaillaient au sein des 29 organisations internationales sises dans le canton. En prenant en compte les 3866 fonctionnaires des ambassades, le secteur public international (hors consulats) emploie 26'983 personnes, selon l'Office cantonal de la statistique (OCSTAT), et près de 30'000 avec les ONG. L'effectif a été pratiquement stable d'une année sur l'autre.

Durant l«année 2013, les dépenses engagées par les organisations internationales (OI) se sont montées à 5,5 milliards de francs. Elles ont augmenté de 1,2 % par rapport à 2012. Plus de la moitié de ces dépenses (2,9 milliards de francs) ont été effectuées en Suisse.

Changer la perception

L'ONU a lancé une nouvelle campagne pour «changer la perception» de la Genève internationale. Dans ce cadre, et avec le soutien de la Fondation pour Genève, un bus sillonnera cet été les villes suisses pour expliquer directement à la population le travail réalisé dans la cité de Calvin.

Un livre va être distribué: «Recettes pour la paix, les droits et le bien-être concoctées au sein de la Genève internationale». Michael Moller a espéré par ailleurs que l'assemblée générale de l'ONU votera le budget pour la rénovation du Palais des Nations à la fin de l'année.

En décembre, les gouvernements ont approuvé une enveloppe de 26,1 millions de francs pour la planification du chantier. Les travaux, évalués à 830 millions, doivent commencer début 2017 et s'étaler sur huit ans. (ats)

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