Synode sur la famille: Français, Allemands et Suisses se concertent
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Synode sur la familleFrançais, Allemands et Suisses se concertent

Des évêques de Suisse, d'Allemagne et de France ont organisé lundi à Rome une réunion de réflexion à huis clos sur les thèmes de la famille.

Les ecclésiastiques ont évoqué «la nécessité que des choses bougent» dans la perspective du synode d'octobre. Selon François-Xavier Amherdt, professeur de théologie à Fribourg, la réflexion des 50 participants a porté «sur le langage de l'Eglise sur le mariage, la sexualité, la famille, les enfants» et sur les manières de lui donner «une clarté humble».

Les participants ont évoqué «la nécessité que des choses bougent». «On ne peut pas arriver à la fin de ce deuxième synode en répétant ce que l'Eglise a toujours dit», a expliqué le théologien valaisan à l'AFP, citant trois thèmes d'approfondissement du symposium.

Mariage et sexualité

Le premier est revenu sur les textes où «Jésus parle de l'indissolubilité du mariage», afin d'envisager «quel type d'interprétation utiliser pour respecter ces textes et les adapter au contexte d'aujourd'hui».

Les participants ont aussi débattu de «la théologie de l'amour et du sens de la sexualité», en examinant comment la sexualité pouvait s'exprimer «pour des personnes qui cohabitent en vue du mariage». Troisième sujet: l'examen de «la sexualité à l'intérieur de la biographie d'un individu, avec son histoire, sa spécificité, ses ruptures, sa vulnérabilité, sa fragilité, pour éviter de tomber dans des généralisations».

Pour une Eglise plus ouverte

Le cardinal Reinhard Marx, président de la conférence des évêques allemands, artisan de cette réunion restreinte, s'est refusé à tout commentaire, à l'instar des autres évêques présents.

Selon un participant ayant requis l'anonymat, cette «réunion de travail de type universitaire et théologique» n'avait «rien de secret, les présidences des trois épiscopats se réunissant chaque année pour faire le point sur des questions d'intérêt commun».

Plusieurs des théologiens présents militent pour une évolution de la position de l'Eglise vis-à-vis des divorcés remariés et des personnes homosexuelles.

Les catholiques de Suisse veulent une Eglise plus ouverte. Ils estiment dépassée la position dogmatique envers les divorcés remariés ou les couples homosexuels. C'est ce qui ressort des discussions synodales publiées au début du mois, auxquelles 6000 personnes ont pris part.

Mais les cardinaux des pays du Sud, en particulier africains, sont vent debout contre ces éventuelles réformes. Le pape ne se prononce pas et reste en retrait, même si on sait que le sujet des divorcés remariés lui tient très à coeur.

«Ouvrir les yeux» face aux homosexuels

Le référendum en Irlande ouvrant le mariage aux personnes de même sexe n'a en revanche été évoqué que de façon marginale, le thème de l'homosexualité n'ayant pas été retenu parmi les sujets de réflexion.

Dans une interview au quotidien catholique français «La Croix», le cardinal de Lyon Philippe Barbarin a toutefois estimé que l'Eglise doit «'ouvrir les yeux', c'est-à-dire écouter, entendre le désir des personnes homosexuelles, ne pas détourner le visage lorsqu'elles viennent nous voir».

«Chez les couples homosexuels que je connais, il y a des aspects que j'admire : leur combat, leur foi, leur générosité», ajoute le primat des Gaules. Qui précise toutefois ne pas pouvoir bénir l'union de deux personnes homosexuelles, mais accorder sa bénédiction «à chaque personne, individuellement». (ats)

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