Avenir assombri: France 2 suspend l'émission de Delarue
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Avenir assombriFrance 2 suspend l'émission de Delarue

Le patron de France Télévisions a qualifié d'«incident sérieux» l'arrestation de Jean-Luc Delarue hier. Son émission est suspendue.

par
fab

Les excuses de Jean-Luc Delarue après son arrestation en possession de cocaïne le 14 septembre 2010.

France Télévisions a annoncé la suspension, à compter de ce mercredi, de l'émission de Jean-Luc Delarue sur France 2 pendant une «période indéterminée», pour une raison «d'éthique», après la garde à vue mardi de l'animateur dans une affaire de trafic de drogue.

La direction du groupe public a décidé de suspendre la diffusion de l'émission quotidienne «Toute une histoire», diffusée en début d'après-midi, «le temps d'engager un échange et une réflexion avec Jean-Luc Delarue et sa société de production Réservoir Prod», explique-t-elle dans un court communiqué.

«Cette période indéterminée et provisoire permettra de rétablir le rapport éthique qui doit régir les relations entre France Télévisions et son public», ajoute France Télévisions.

Jean-Luc Delarue bientôt viré?

Selon une «bonne source» du quotidien «France Soir», l'animateur pourrait bien se voir remercier prochainement par son employeur: «Il s'avère que Jean-Luc Delarue est impliqué dans une grave affaire de stupéfiants. France Télévisions ne peut pas le maintenir. L'image que véhicule un animateur est essentielle pour eux.»

Le patron de France Télévisions, Rémy Pflimlin est resté évasif sur l'avenir de l'animateur. «Je ne sais pas, il faut qu'on examine ça avec lui», a-t-il déclaré sur la radio France Bleu Provence. «Je pense que c'est un incident dans sa vie qui est sérieux et qui traduit un malaise chez lui.»

Le nouveau président de France Télévision reconnaît que Delarue «fait ce qu'il veut avec l'argent qu'il gagne» mais que «ça n'est pas un bon exemple» et qu'il va maintenant falloir gérer «la question du public». Et des annonceurs, souligne «France Soir».

A peine sorti de sa garde à vue, hier, Jean-Luc Delarue a repris l'enregistrement de son émission «Toute une histoire», et profité de faire passer un message d'excuses (voir la vidéo ci-dessus). «Il était bien à l'antenne hier», a estimé Rémy Pflimlin.

«Le PDG de France Télévisions doit mettre un terme à ces dérives»

La CGT de France Télévisions a estimé mercredi qu'il «fallait mettre un terme aux dérives qui salissent l'image du service public», en évoquant l'interpellation mardi de Jean-Luc Delarue, présentateur de France 2, dans le cadre d'une enquête sur un trafic de stupéfiants.

«Il est présumé innocent mais ça commence à bien faire, a déclaré à l'AFP Jean-François Téaldi, porte-parole. Ce n'est pas son premier dérapage. Le PDG de France Télévisions doit mettre un terme à ces dérives qui ternissent l'image des 11'000 salariés du service public.» Rappelant que les missions des programmes diffusés sur le service public sont d'être des «référents», «irréprochables» et d'«inspirer confiance», il a estimé que les faits reprochés à Jean-Luc Delarue ne donnaient pas un «bon exemple, surtout pour les jeunes».

A propos de la vidéo d'excuses publiques enregistrée par Jean-Luc Delarue, mardi soir à l'issue du tournage de son émission, et posté sur le site Youtube, le syndicaliste a ajouté: «il a beau s'excuser, le mal est fait».

«La position de la CGT c'est qu'il ne doit pas y avoir deux poids, deux mesures. Pour moins que ça, certains seraient traduits en conseil de discipline». Selon Jean-François Téaldi, «ce n'est pas parce qu'on est une figure emblématique de la télévision qu'on ne peut pas être sanctionné».

(afp)

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