Actualisé 25.07.2008 à 21:05

France: deux membres de l'ETA arrêtés

L'organisation séparatiste basque armée ETA a subi vendredi un nouveau coup dur.

Deux membres présumés ont été arrêtés près de Dijon. L'un d'eux est présenté par Paris comme l'un des responsables de l'appareil militaire de l'organisation.

Cette double interpellation est intervenue vers 17h30, à la suite d'un accident de circulation avec délit de fuite dans lequel était impliqué le véhicule des deux membres présumés de l'ETA, a déclaré le lieutenant-colonel Pierre Bouquin, du service de presse de la Gendarmerie.

Les deux membres présumés de l'ETA, un homme et une femme, circulaient à bord d'une voiture volée dans la Drôme. Leur interpellation s'est déroulée «sans violence» à Mirebeau-sur-Bèze près de Dijon, a indiqué une source proche de l'enquête, en soulignant néanmoins qu'une arme avait été trouvée dans leur coffre.

Appareil militaire

La ministre de l'intérieur française, Michèle Alliot-Marie, a rapidement confirmé l'identité de l'homme, présenté comme étant «Asier Ecierza Ayerra, un des responsables de l'appareil militaire» de l'ETA. Elle a rappelé que Asier Ecierza, «activement recherché, (faisait) partie des six activistes figurant sur les affiches de diffusion élaborées en début d'année».

Selon la Radio nationale espagnole (RNE), citant des sources au sein des services de la lutte antiterroriste, la femme, dont l'identité n'a pas été divulguée par Mme Alliot-Marie, serait Olga Gomez Arambilez, membre présumé du commando «Biscaye» qui vient d'être démantelé en Espagne.

Asier Eceiza serait, selon la RNE, particulièrement recherché en tant qu'adjoint présumée de Txeroki, le chef de l'appareil militaire de l'ETA. Pour sa part, Olga Gomez aurait participé fin 2007 à la filature d'un conseiller municipal socialiste basque, Benjamin Atuxta, que l'ETA projetait d'enlever et d'assassiner.

Ce projet, ainsi que des menaces contre un juge antiterroriste et la préparation d'un grand attentat, a été révélé après l'interrogatoire du chef présumé du commando «Biscaye» Arkaitz Goikoetxea, interpellé mardi.

Coup sévère

Ce dernier avait été arrêté avec neuf autres membres du commando, considéré comme l'un des plus actifs de l'ETA ces derniers mois. Un coup sévère porté à l'organisation armée par les autorités espagnoles.

Le couple a été placé en garde à vue à la brigade de gendarmerie et devrait être transféré à Paris. «C'est une question d'heures», a- t-on précisé de source proche de l'enquête.

Les forces de sécurité espagnoles ont par ailleurs annoncé vendredi la découverture au Pays Basque d'une nouvelle cache, attribuée à l'ETA, contenant des explosifs. La garde civile espagnole avait déjà découvert dans la province de la Rioja deux caches d'armes, dont une avec 120 kg d'explosifs, liées à ce commando, ainsi qu'un laboratoire pour la fabrication d'explosifs et une importante documentation.

L'ETA, considérée comme une organisation terroriste par l'Union européenne, est tenue pour responsable de la mort de 823 personnes en 40 ans de violence pour l'indépendance du Pays Basque. (ats)

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