France: fonctionnaires fortement mobilisés
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France: fonctionnaires fortement mobilisés

Les fonctionnaires sont en grève et ont manifesté dans tout le pays à l'appel de leurs organisations syndicales pour défendre leur pouvoir d'achat, dénoncer les suppressions de postes et le projet de réforme de la Fonction publique.

Côté défilés, la CGT parle de 700.000 manifestants sur l'ensemble de la France.

A Paris, un défilé auquel participaient également des cheminots et des agents de la RATP en grève depuis sept jours pour défendre leurs régimes spéciaux de retraite, a rassemblé 30.000 personnes selon la police, 70.000 de source syndicale, entre la place d'Italie et l'esplanade des Invalides.

Le mouvement de grève a été fortement suivi, avec 30,12% de grévistes pour l'ensemble de la Fonction publique, selon le gouvernement, dont près de 40% à l'Education nationale selon le ministère, alors que les syndicats parlaient de 60% d'enseignants en grève.

Les syndicats parlent de plus de 50% de grévistes sur l'ensemble de la Fonction publique. Les fédérations de fonctionnaires doivent se réunir mercredi soir pour décider des suites à donner à ce mouvement. La Fédération syndicale unitaire (FSU, premier syndicat de la Fonction publique d'Etat) plaide pour de nouvelles actions «avant les vacances de Noël» qui commenceront le 22 décembre.

Mercredi, des manifestations ont eu lieu dans toute la France, avec des cortèges plutôt fournis: 3.000 à 8.500 manifestants à Orléans selon les sources, 4.000 à 8.000 à Tours, 4.000 à 10.000 à Toulon et Saint-Etienne, 7.500 à 15.000 à Grenoble, 12.000 à 15.000 à Lyon, 12.000 à 60.000 à Marseille, 15.000 à 30.000 à Nantes et Bordeaux, ou encore 17.000 à 35.000 à Toulouse. Des cheminots et des étudiants étaient présents dans ces cortèges.

A Paris, les manifestants ont défilé dans l'après-midi de la place d'Italie à l'esplanade des Invalides. Outre les fonctionnaires, des cheminots et des agents de la RATP qui défendent leurs régimes spéciaux étaient présents, ainsi que quelques centaines d'étudiants mobilisés contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités.

«Ensemble pour les salaires, l'emploi, les statuts, les services publics», pouvait-on lire sur la banderole en tête de la manifestation, noyée par endroits dans la fumée blanche et dense dégagée par les torches d'alerte des cheminots.

Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, celui de FO Jean-Claude Mailly, celui de la FSU Gérard Aschieri ou encore celui de la CFDT François Chérèque participaient au défilé. A son arrivée, ce dernier a été accueilli sous les sifflets par plusieurs dizaines de cheminots scandant «Chérèque vendu!», «Chérèque trahison!». M. Chérèque a été le seul porte-parole syndical à appeler dès la semaine dernière à la reprise du travail à la SNCF.

Pour lui, cette la journée de mobilisation des fonctionnaires est légitime car «on ne peut pas continuer à supprimer des emplois sans débattre de ce que l'on veut faire de la Fonction publique». Il a par ailleurs regretté le risque de confusion avec le mouvement contre les régimes spéciaux. «A chaque fois qu'on mélange les revendications, on donne la possibilité au gouvernement de choisir ce qui l'intéresse et ce qui est le plus facile pour lui» a-t-il souligné.

Jean-Claude Mailly, de son côté, a déploré que «sur le pouvoir d'achat, alors qu'une grande conférence s'est tenue le 24 octobre, nous n'avons absolument rien eu ni dans le public, ni dans le privé. C'est à se demander s'il faut un rapport de force pour le que le gouvernement bouge ou que Nicolas Sarkozy s'exprime sur le sujet. Au gouvernement, aujourd'hui, de répondre aux fonctionnaires sur cette question».

Renchérissant, Bernard Thibault a lui aussi relevé qu'il «y a quelques semaines, nous avons eu une conférence dite sur le pouvoir d'achat qui n'a donné lieu à aucune mesure concrète et rapide. Donc le gouvernement a aussi une part de responsabilité dans cette situation».

Gérard Aschieri a expliqué de son côté que «les gens font grève parce qu'ils perdent du pouvoir d'achat, qu'on ne les entend pas et que les suppressions de postes menacent les services publics auxquels ils sont attachés». (ap)

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