France-Italie, à qui le bonnet d'âne?
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France-Italie, à qui le bonnet d'âne?

Les Bleus vont disputer face à l'Italie un «remake» de la finale du Mondial allemand mardi à Zurich, avec comme «récompense» pour le vainqueur l'incroyable possibilité d'être malgré tout éliminé de l'Euro 2008.

Tel n'est pas le moindre des paradoxes de ce choc entre la «Squadra Azzurra», championne du monde en titre, et l'équipe de France de football, sa dauphine le 9 juillet 2006 à Berlin. Grâce à une attaque mitraillette, les Pays-Bas ont fait exploser en Suisse deux des meilleures défenses de la planète, en s'imposant 3-0 face à l'Italie et 4-1 devant la France.

Pour la première fois de son histoire, la France n'est plus maîtresse de son destin pour un dernier match du premier tour d'une grande compétition. Il lui faut absolument battre la formation de Roberto Donadoni mardi (20h45) au Letzigrund et espérer dans le même temps que la Roumanie ne domine pas les Pays-Bas.

«On a pris une gifle, mais il faut y croire. On va jouer notre chance à fond», a déclaré Franck Ribéry, le meneur des jeu des Bleus depuis la retraite de Zinédine Zidane. «On a reçu une fessée», a ajouté le gardien Grégory Coupet. «Ce match contre l'Italie peut être la revanche de la finale du Mondial et une revanche sur nous-mêmes».

Victorieuse en 1968 de son seul championnat d'Europe des nations, l'Italie a souffert de la domination française sur le football mondial à la fin des années 90. Elle a perdu la finale de l'Euro 2000 sur le but en or de David Trezeguet, elle a été sortie du Mondial 1998 en quart de finale par les Bleus futurs vainqueurs. Elle a pris sa revanche en 2006, quand le même Trezeguet a expédié sur la barre de Gianluigi Buffon le ballon de son coup de pied au but en finale, alors que Fabio Grosso transformait ensuite le sien pour offrir à l'Italie son quatrième titre de championne du monde.

L'expulsion de Zidane lors de cette finale pour un coup de tête sur Marco Materazzi a fait grimper la tension entre ces deux rivaux de toujours. Raymond Domenech, le sélectionneur national, a ensuite jeté de l'huile sur le feu en déclarant qu'il avait «connu un France-Italie Espoirs, qualificatif pour les JO de Sydney, avec un arbitre acheté».

Du coup, l'UEFA a désigné pour diriger cette rencontre l'un des meilleurs sifflets planétaires, le Slovaque Lubos Michel.

L'Italie a devancé la France dans le groupe B des qualifications à l'Euro, sans la battre.

Les deux équipes se ressemblent, plus seulement par leur maillot bleu. Le forfait à l'Euro pour blessure du défenseur «Ballon d'or» Fabio Cannavaro a semble-t-il transformé le «catenaccio» en tirelire d'enfants, les défenseurs offrant les clés aux attaquants adverses, à l'image de la passe décisive de Gianluca Zambrotta pour Adrian Mutu face à la Roumanie.

Côté français, Lilian Thuram a livré à 36 ans face aux «Oranje» un match inquiétant.

«Il y a eu des soucis de placement», a expliqué Coupet, notamment sur le troisième but néerlandais, inscrit juste après la réduction du score par Thierry Henry. «Il y a eu trop d'euphorie et un manque de concentration».

Willy Sagnol sur la sellette, William Gallas en froid avec le sélectionneur, Eric Abidal laissé sur la touche face aux Pays-Bas après avoir lui aussi critiqué le système de jeu de Domenech, c'est toute la ligne défensive qui pose question.

Les deux attaques peinent aussi. Seul le défenseur Christian Panucci a marqué pour l'Italie, Luca Toni, le compère de Ribéry au Bayern aux 24 buts marqués en championnat, est resté muet. Donadoni pourrait opter pour la doublette gênoise Marco Borriello-Antonio Cassano face aux Français. L'attaque bleue cyclothymique devra battre l'excellent Buffon, qui a sauvé son équipe de l'élimination en stoppant un penalty de Mutu face à la Roumanie.

Patrick Vieira sera-t-il lui le sauveur des Bleus après ses forfaits contre la Roumanie et les Pays-Bas? Il est certain que la France souffre d'un chaînon manquant dans l'entrejeu pour remonter les ballons. Samir Nasri pourrait venir aider le trio Malouda-Ribéry-Govou, à la condition de sacrifier l'un des milieux récupérateurs, Makelele ou Toulalan, si Vieira faisait une nouvelle fois faux bond.

Un résultat positif français ou italien pourrait être balayé par une victoire de la Roumanie face à l'équipe réserve des Pays-Bas. Les Néerlandais comptent six points, la Roumanie deux, la France et l'Italie un chacune dans ce groupe C.

«On espère que les Néerlandais auront contre la Roumanie la même réussite qu'ils ont eue contre nous et face aux Italiens. Il faut jouer notre chance à fond. Pour les joueurs, c'est le match le plus important de leur carrière. On se prépare à ce match capital contre l'Italie, il peut permettre de se qualifier. Quand on porte le maillot de l'équipe de France, il faut en être digne jusqu'au bout», a déclaré Domenech. (ap)

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