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France: mobilisation mitigée pour les cheminots

Le mouvement de grève des cheminots, mercredi, a occasionné des perturbations sur tout le réseau SNCF, mais la mobilisation est restée mitigée avec près de 27% de grévistes, selon la direction de l'entreprise, 33% à 35% selon la CGT, majoritaire.

La situation devrait revenir progressivement à la normale jeudi dans la matinée.

La présidente de la SNCF Anne-Marie Idrac, nommée à ce poste le 12 juillet dernier, était confrontée, mercredi, à son premier conflit social, qui n'a pas mobilisé fortement les cheminots, malgré le fait que la majorité des syndicats dénoncent «l'absence de dialogue», de la nouvelle direction.

A titre de comparaison, selon les chiffres de la direction, les cinq journées de grève nationale à la SNCF de 2005 ont été suivies par 36,9% des personnels le 19 janvier, 29,7% le 10 mars, 25,8% le 2 juin, 32,3% le 4 octobre, et 22,8% le 22 novembre.

Mercredi, la circulation des trains était «globalement» conforme aux prévisions annoncées par la SNCF à la veille du conflit social, avec, en moyenne, deux TGV sur trois pour les dessertes Paris-province et un sur trois pour les liaisons inter-régionales et les Corail.

La direction avait également prévu un train sur deux pour les TER et les liaisons de la banlieue parisienne.

Sur ce dernier secteur, ce sont les usagers de la ligne B du RER qui ont subi les désagréments les plus importants, avec seulement 20% des trains maintenus alors que la direction tablait sur 40% de trafic assuré.

Six syndicats de cheminots sur huit (CGT, FO, CFTC, CGC, Sud et FGAAC) avaient appelé à cesser le travail, de mardi soir à 20h à jeudi matin à 8h, pour dénoncer les restructurations internes à l'entreprise -notamment celle du fret- les suppressions de postes, ou encore la politique salariale de la direction.

Les six syndicats dénoncent notamment «une multitude de réorganisations, de restructurations, que plus personne ne semble être en capacité d'expliquer», et qui «fleurissent dans tous les secteurs d'activité de l'entreprise».

Sur le plan de l'emploi, les fédérations de cheminots protestent contre la suppression de 14.000 postes depuis 2002, dont 7.000 pour le fret. Sur les salaires, ils exigent la mise en place d'un «véritable 13e mois».

Les syndicats veulent également obtenir des assurances quant au maintien de leur régime de retraites, et «tiennent à rappeler leur détermination à combattre toute remise en cause, par quelque gouvernement que ce soit», du «régime spécial de protection sociale», des cheminots.

La fédération FO des cheminots, qui estime qu'un cheminot sur trois s'est mobilisé mercredi, prévient dans un communiqué qu'au «vu du mécontentement qui s'exprime», elle «sollicitera les autres fédérations pour envisager les suites à donner à cette action», si aucune réponse n'est donnée par la direction concernant les revendications.

Selon la CFTC, «27 % des cheminots ont clairement affiché leur révolte (...) mais ils sont infiniment plus nombreux à exprimer leur ras le bol quotidien à leur hiérarchie. A la SNCF, le malaise et les inquiétudes sont réellement omniprésents».

SUD-Rail a également proposé, mercredi, «aux autres fédérations une rencontre dans les jours qui viennent, pour déterminer ensemble les suites à donner à ce mouvement», se disant «favorable à une grève reconductible».

De son côté, la direction de la SNCF a assuré, dans un communiqué mercredi en fin d'après-midi, que «l'activité fret (...) restera au sein de l'entreprise publique, le scénario de la filialisation de cette activité n'ayant pas été retenu», et que «le développement de cette activité reste l'ambition de la SNCF».

La direction souligne par ailleurs «l'importance du dialogue social et de la concertation dans la conduite», des évolutions internes à l'entreprise.

En matière d'emploi, elle confirme «le volume de 5.600 embauches prévues pour 2006 (soit 400 de plus que prévu, et 1.000 de plus qu'en 2005), ce qui représente un objectif de 1.100 embauches pour les deux derniers mois de l'année».

Par ailleurs, un comité de suivi de l'accord salarial 2006 aura lieu le 14 novembre, rencontre déjà annoncée avant la grève. (ap)

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