Vague de suicides : France Télécom mis en examen

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Vague de suicides France Télécom mis en examen

L'entreprise de télécommunication a été mise en examen vendredi pour harcèlement moral dans le cadre de l'enquête sur les suicides de salariés. C'est une première pour une société du CAC 40.

France Télécom a été mis en examen vendredi pour harcèlement moral dans l'enquête sur la vague de suicides en 2008 et 2009 chez l'opérateur, a indiqué à l'AFP son avocate Me Claudia Chemarin.

Il s'agit de la première mise en examen pour ce chef d'accusation d'une entreprise du Cac 40. «L'entreprise va enfin pouvoir se défendre deux ans après l'ouverture de l'enquête. France Télécom conteste avoir mis en place un système destiné à créer des souffrances chez ses salariés», a-t-elle déclaré.

L'ancien numéro 2 mis en examen

L'ancien numéro deux de France Télécom, Louis-Pierre Wenes, a été mis en examen pour harcèlement moral jeudi dans l'enquête sur la vague de suicides au sein du groupe, a-t-on appris vendredi auprès de son avocate. Il a été placé sous contrôle judiciaire avec une caution de 75'000 euros, a précisé Me Frédérique Beaulieu.

Cette mise en examen intervient après celle mercredi de l'ancien patron du groupe, Didier Lombard, également pour harcèlement moral, et avant l'audition vendredi après-midi de France Télécom comme personne morale.

Le secrétaire général de l'opérateur, Pierre Louette, et les conseils de l'opérateur sont arrivés en début d'après-midi au pôle de santé public du TGI de Paris pour cette audition, a constaté une journaliste de l'AFP.

Rapport et plainte

Un rapport de l'Inspection du travail mettant en cause la gestion du personnel et une plainte du syndicat Sud avaient conduit à l'ouverture d'une information judiciaire en avril 2010. Début avril, dans le cadre de cette enquête, des perquisitions ont été menées au siège parisien du groupe.

En 2008 et 2009, le nombre des suicides de salariés s'est établi à 35, selon direction et syndicats. Engagée dans des restructurations, l'entreprise avait supprimé 22'000 postes entre 2006 et 2008 et procédé à 10'000 changements de métier.

(ats)

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