Actualisé 24.05.2007 à 20:49

François Bayrou lance sa «longue marche» vers 2012

François Bayrou a engagé jeudi ses partisans réunis au Zénith dans une «longue marche» qui, l'espère-t-il, le conduira jusqu'à la présidentielle de 2012.

D'ici là, le candidat UDF à la présidentielle risque de trébucher sur les législatives des 10 et 17 juin, à l'issue desquelles il n'est guère crédité pour l'heure que de dix députés au mieux.

Devant quelque 5.000 de ses partisans, François Bayrou, lui-même candidat aux législatives dans le Béarn, s'est donc déjà projeté vers les municipales de 2008, puis vers les régionales et les européennes. Les 535 candidats UDF-MoDem aux législatives «livrent là pour beaucoup leur premier combat. Mais ce combat sera suivi de bien d'autres, plus faciles, plus encourageants», a-t-il assuré.

«Nous avons commencé une longue marche», et «ce que nous allons commencer à ces élections législatives, nous allons le couronner aux élections municipales, régionales et européennes», a-t-il affirmé.

Dans les prochaines années, François Bayrou entend «défendre les Français», «face à cette immense entreprise de communication» qu'est selon lui la présidence de Nicolas Sarkozy. «Qui leur dira la vérité?», a-t-il lancé. Car «l'UMP va avoir tous les pouvoirs en France, toutes les majorités, toutes les situations d'influence».

François Bayrou a ainsi dénoncé «la nomination à la tête de TF1, annoncée par l'Elysée et non pas par l'entreprise, de l'un des plus proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy».

S'il a approuvé la proposition de «traité simplifié» défendu par Nicolas Sarkozy pour sortir de l'impasse institutionnelle européenne, il a en revanche déjà évoqué «deux motifs d'inquiétude», dont le projet de franchise sur les soins médicaux, non remboursée par la Sécu, qui attendrait 75 euros. «Il y a beaucoup de familles pour qui 75 euros, c'est beaucoup d'argent», a-t-il rappelé. Le béarnais a aussi jugé «dangereux d'avoir annoncé hier qu'on allait mettre désormais entre parenthèses la lutte contre les déficits et la dette».

Quant à la politique de «ralliement» de Nicolas Sarkozy, avec l'entrée au gouvernement de ministres UDF ou socialistes-, c'est «exactement le contraire» de son projet de «rassemblement» droite-gauche, a-t-il assuré. «Derrière le ralliement, il y a le désenchantement et puis l'effacement. Derrière le rassemblement, il y a le courage et le succès».

Evoquant le départ de 22 de ses 29 députés sortants, ralliés à la majorité, il a reconnu que, «affectivement comme politiquement, ces moments n'ont pas été des moments faciles». Mais «les changements de camp préparent toujours des déceptions d'abord et des disparitions ensuite», a-t-il prévenu. Il a tout de même souhaité que le futur MoDem se dote d'une «charte éthique» contre les «changements de camp».

Face à la perte annoncée de ses députés, François Bayrou compte sur ses quelque 7 millions d'électeurs du premier tour de la présidentielle, le 22 avril, et sur les 75.000 nouveaux adhérents que revendique le MoDem. «Ce n'est pas une oeuvre solitaire qui commence», a-t-il assuré alors que ses détracteurs l'accusent d'être surtout préoccupé par ses ambitions présidentielles. «J'ai voulu ce nouveau mouvement, mais il n'est pas le mien. Je le porterai avec une équipe», a promis François Bayrou. Il a annoncé des «grandes assises de la démocratie» qui se tiendront «probablement la dernière semaine du mois d'août» pour définir les statuts du MoDem.

Et il s'est pris à rêver: «en 1951, de Gaulle avait réussi à constituer un groupe parlementaire fort de plus de 100 députés» et «en quelques mois (...) presque tous ses députés ont rejoint le pouvoir de l'époque», a-t-il rappelé. Le général de Gaulle était finalement arrivé au pouvoir en 1958, à l'occasion de la crise algérienne.

François Bayrou s'apprête à lancer sa «longue marche» par un marathon: d'ici le 10 juin, il compte faire campagne tous les jours dans sa circonscription, puis consacrer l'après-midi et la soirée au soutien aux autres candidats MoDem. (ap)

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