Actualisé 23.01.2009 à 20:03

FranceFrançois Fillon accuse la gauche d'empêcher l'unité face à la crise

François Fillon affûte ses argument face à la motion de censure du PS.

La gauche «avait autre chose à faire que de vouloir censurer le gouvernement», a estimé vendredi le Premier ministre en renouvelant son appel à l'unité nationale face à la crise économique.

«J'ai vu que mardi prochain l'opposition allait censurer le gouvernement. Franchement, ils n'ont rien trouvé de plus intelligent que de censurer le gouvernement dans une phase aussi difficile que celle nous connaissons! Est-ce que vous pensez que c'est la meilleure réponse à la crise économique que de censurer le gouvernement?», a demandé le Premier ministre lors d'une réunion publique à Châteaubriant (Loire-Atlantique). Les députés socialistes ont déposé vendredi soir une motion de censure contre la politique économique du gouvernement, qui devrait être débattue mardi dans l'hémicycle.

«Je n'ai pas trop d'inquiétude sur le vote du Parlement, mais je pense qu'il y avait autre chose à faire que de dresser les uns contre les autres et de vouloir censurer un gouvernement qui essaie, avec le sens de l'intérêt général en cherchant à rassembler les Français, de sortir notre pays de la crise», a poursuivi M. Fillon devant un millier de sympathisants UMP. «La France a besoin que ses responsables mettent toute leur énergie au service de la relance, et non pas toute leur énergie au service de l'échec des politiques de relance».

Dans sa région des Pays-de-la-Loire, qu'il a présidée jusqu'à sa défaite en 2004 contre le socialiste Jacques Auxiette, Le Premier ministre a réitéré son appel à l'unité nationale, lancé en septembre dernier au moment de l'aggravation de la crise financière mondiale. «Aujourd'hui dans la crise que nous traversons l'unité des Français est nécessaire. Nous sommes face à une crise très grave, essayons de faire preuve d'unité dans la mise en oeuvre de cette relance économique», a-t-il dit.

L'hôte de Matignon a pointé la contradiction dans le jugement des socialistes: «un plan de sauvetage des banques qui est décidé par un gouvernement socialiste en Espagne, c'est très bien. Le même plan de sauvetage des banques qui est décidé par un gouvernement de droite en France, ce n'est pas bien».

Il a écarté la proposition du PS de nationaliser les banques, comme en Grande-Bretagne: «plutôt que de nous demander d'utiliser les mêmes méthodes qui sont utilisées en Grande-Bretagne, l'opposition devrait se réjouir que situation économique de notre pays soit moins mauvaise que celles de nos voisins», a-t-il lancé.

Le Premier ministre a appelé «tous les dirigeants et au premier rang d'entre eux les membres du gouvernement à faire preuve dans cette crise de beaucoup d'humilité». «Nous ne sommes pas des stars, nous sommes des responsables politiques, des hommes et des femmes choisis pour un temps donné par les Français pour diriger leur pays, c'est tout, rien d'autre», a-t-il sermonné. «Ce n'est pas parce que tout d'un coup on a le pouvoir que nous ont confié les Français qu'il faut perdre la tête, se laisser éblouir par les projecteurs, considérer que seule la présence médiatique compte».

Alors que cette remarque pouvait être interprétée comme une pique à Nicolas Sarkozy, M. Fillon s'est rattrapé in extremis en évoquant l'action du chef de l'Etat pour faire renoncer les dirigeants de banques à leurs bonus.

Lors de ce déplacement en Loire-Atlantique, le Premier ministre a décliné sur le terrain les mesures du plan de relance du gouvernement, en se rendant successivement au Pôle emploi, à la communauté de communes de Châteaubriant et dans une usine de matériels agricoles. Il a insisté sur la nécessité de «ne pas ralentir» l'effort de réforme. (ap)

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