Actualisé 31.01.2020 à 07:11

France

François Fillon: «Je ne chercherai pas à revenir»

Lors d'une interview jeudi soir sur France 2, l'ex-Premier ministre français a clamé son innocence dans l'affaire des emplois fictifs de son épouse Penelope.

Près de trois ans après sa défaite cuisante à la présidentielle, François Fillon a exclu jeudi tout retour en politique. Il a aussi clamé son innocence dans l'affaire des emplois présumés fictifs de son épouse Penelope, pour lesquels il sera jugé fin février.

«Je ne chercherai pas à revenir» dans la vie politique et «j'ai tourné la page complètement», a assuré sur France 2 l'ex-Premier ministre, qui était l'invité exceptionnel de l'émission «Vous avez la parole». Invoquant sa «responsabilité vis-à-vis des électeurs», il a décrit cette affaire comme «une épreuve d'une violence inouïe» pour sa famille.

«Je n'ai aucune envie de les entraîner de nouveau dans cette violence», a ajouté l'ancien chef du gouvernement, calme et posé, en costume marine et cravate bleu à pois.

«Défendre l'honneur»

En 2017, cette retentissante affaire aux multiples rebondissements avait stoppé net la course en tête pour la présidentielle du candidat de droite, parti favori dans les sondages mais finalement éliminé au premier tour, échec inédit pour la droite sous la Ve République.

M. Fillon, absent des plateaux de télévision depuis, a expliqué avoir accepté cette invitation «pour défendre l'honneur» de sa famille, notamment celui de son épouse dont l'«honneur a été déchiqueté dans cette affaire».

Son intervention était attendue à quelques semaines de son procès. M. Fillon sera jugé notamment pour «détournement de fonds publics» du 24 février au 11 mars devant le tribunal correctionnel de Paris. «Je vais pour la première fois, devant des juges impartiaux, pouvoir me défendre», a souligné M. Fillon.

M. Fillon, son épouse et son ancien suppléant à l'Assemblée Marc Joulaud seront jugés dans l'affaire des emplois présumés fictifs de Penelope, pour lesquels elle aurait touché plus d'un million d'euros entre 1998 et 2013. Le couple devra aussi répondre de «complicité et recel d'abus de biens sociaux» pour un emploi en partie fictif à la Revue des Deux Mondes.

«Une procédure injuste»

Son emploi «n'était pas fictif», a assuré M. Fillon, en précisant que son épouse avait été sa «première et plus importante collaboratrice», «sur le terrain, dans la Sarthe», pour «gérer mon agenda local, le courrier parlementaire, superviser ou corriger les discours». «Les preuves seront apportées durant le procès», a-t-il promis.

Mis en examen en mars, deux mois après les premières révélations de l'enquête par le Canard enchaîné, M. Fillon avait dans un premier temps dénoncé un «scandale d'Etat» avant de se retrancher dans le silence. «Jamais on n'a vu un juge nommé un jour et, quatre jours après (...), convoquer pour une mise en examen», a assuré M. Fillon. «J'ai été traité d'une manière injuste, qui n'était pas normale» avec «une procédure entièrement à charge», voir «d'exception», a-t-il ajouté.

Révélations en cascade

A l'époque, les révélations en cascade avaient écorné l'image intègre de M. Fillon. La formule assassine qu'il avait employée contre Nicolas Sarkozy lors de la primaire de la droite - «qui imagine de Gaulle mis en examen?» - lui était revenue comme un boomerang.

Cette phrase «bien sûr je la regrette» parce que «j'ai quasiment toujours évité d'attaquer des personnes et là, dans la force du meeting j'ai dérogé à cette règle», a-t-il affirmé.

Le coup de grâce était venu des révélations de Robert Bourgi, figure des réseaux de la «Françafrique», qui s'était vanté de lui avoir offert deux costumes d'une valeur de 13'000 euros. Une «double erreur», a convenu M. Fillon, d'abord de «confiance» envers quelqu'un «qui ne la méritait pas», et ensuite d'«aveuglement en ne voyant pas» que cela «aurait un effet désastreux».

«Pas de Ferrari cachée»

Mais il n'est pas un homme d'argent, a-t-il assuré. «J'avais un patrimoine inférieur à celui de M. Mélenchon. Mon patrimoine se limite à ma maison, dans la Sarthe. Je n'ai pas d'appartement à Paris, pas de villa au bord de la mer, pas de Ferrari cachée dans la grange de ma maison», a-t-il dit.

«Ce que je demande c'est d'être jugé comme tout le monde, avec équité, a-t-il conclu. J'ai sûrement commis des erreurs. Mais il y a une chose que je ne peux pas supporter, c'est qu'on pense que je suis malhonnête, que j'ai cherché à tricher ou à tromper les Français.» (nxp/ats)

(NewsXpress)
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