France: François Hollande lance des piques à droite
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FranceFrançois Hollande lance des piques à droite

François Hollande, qui n'a pas encore officialisé sa candidature à la présidentielle, s'est érigé jeudi en défenseur de l'Etat de droit.

François Hollande a prononcé un discours aux airs de candidature à la présidentielle.

François Hollande a prononcé un discours aux airs de candidature à la présidentielle.

photo: AFP

Le président français a jugé jeudi que laïcité et pratique de l'islam sont compatibles en France dans le respect de la loi en vigueur. En polissant sa stature d'éventuel candidat à la présidentielle, il refuse «toute législation de circonstance».

«Rien dans l'idée de laïcité ne s'oppose à la pratique de l'islam en France, pourvu qu'elle se conforme à la loi», a déclaré le chef de l'Etat français lors d'un colloque à Paris sur la démocratie face au terrorisme. «Il n'y aura pas de législation de circonstance, aussi inapplicable qu'inconstitutionnelle», a-t-il ajouté en référence aux appels d'une partie de l'opposition de droite en faveur d'une loi sur le port du burkini.

Dans un contexte de surenchère où les thèmes de l'identité et de l'immigration sont au cur des débats avant la présidentielle de 2017, M. Hollande s'est posé en défenseur de l'Etat de droit face au terrorisme dans un discours aux accents de lancement de campagne.

Il a notamment attaqué Nicolas Sarkozy, répliquant à son prédécesseur et sa critique des «arguties juridiques» dans la lutte contre le terrorisme. François Hollande a par ailleurs rappelé que l'ancien président était mis en cause dans plusieurs affaires.

Nouvelles interpellations

C'est dans ce contexte rhétorique que quatre personnes ont été placées en garde à vue jeudi après la découverte le week-end dernier d'une voiture contenant des bonbonnes de gaz à proximité de la cathédrale Notre-Dame à Paris.

Trois femmes ont par ailleurs été interpellées jeudi soir aux abords d'une gare de Boussy-Saint-Antoine, dans l'Essonne, a-t-on appris de sources policières.

L'une de ces personnes a tenté de s'en prendre aux policiers, lesquels ont riposté et l'ont blessée, précise-t-on de mêmes sources, confirmant des informations du Parisien et de BFM TV.

Salah Abdeslam muet

En outre, le seul membre encore vivant des commandos des attentats du 13 novembre dernier à Paris et St-Denis, Salah Abdeslam, «a exercé son droit au silence» face au juge jeudi matin, a déclaré son avocat Frank Berton, tout en affirmant avoir «bon espoir» qu'il finisse par répondre à la justice.

Depuis son transfert de Belgique vers la France le 27 avril dernier, le suspect-clé des attentats de Paris et de Saint-Denis, qui ont fait 130 morts, garde le silence. Il avait même refusé en juillet dernier d'être extrait de sa cellule pour un interrogatoire.

«Ce droit lui appartient, il n'est pas contestable», a justifié son avocat. «On a bon espoir qu'un jour ou l'autre Salah Abdeslam réponde aux questions du juge», mais «ce n'est pas pour aujourd'hui».

Frank Berton a rappelé que la vidéosurveillance permanente dont le détenu le plus surveillé de France fait l'objet expliquait «à l'évidence» son mutisme.

Ramifications en Autriche

Dans l'enquête sur les attentats de Paris et de St-Denis, un Marocain et un Algérien avaient été arrêtés le 18 décembre dans un foyer de réfugiés de Salzbourg en raison de soupçons de lien avec l'EI. Ces deux hommes ont été formellement mis en accusation pour «participation à une organisation terroriste, l'EI en l'occurrence», a précisé jeudi le parquet de Salzbourg dans un communiqué.

Il leur est reproché d'avoir aidé «tant logistiquement que par la fourniture d'informations et l'établissement de contacts» un Algérien de 29 ans et un Pakistanais de 35 ans, arrêtés huit jours plus tôt dans le même foyer.

Ils sont tous deux soupçonnés d'avoir voulu participer aux attentats de Paris du 13 novembre, mais ils en ont été empêchés en raison d'une mise en détention de quelques semaines en Grèce. Ils voyageaient alors avec de faux passeports. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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