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MaliFrançois Hollande se rend sur le terrain

François Hollande se rendra au Mali samedi en compagnie de plusieurs ministres, a annoncé vendredi la présidence française dans un communiqué.

Lors de cette visite, qui survient trois semaines après le déclenchement de l'intervention militaire française dans ce pays, le chef de l'Etat sera accompagné des ministres des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et du Développement, Pascal Canfin.

Amnesty dénonce des exécutions de civils

«Il est absolument impératif que la France et le Mali ouvrent une enquête afin de déterminer qui a effectué cette attaque» aérienne qui a visé la ville de Konna (centre) et aurait tué cinq civils - dont une mère et ses trois jeunes enfants - au début de l'offensive, affirme un porte-parole, Gaëtan Mootoo.

«Les résultats doivent être rendus publics dans leur intégralité afin que l'on puisse déterminer s'il y a eu violation du droit international », ajoute-t-il.

Selon l'ONG, des responsables français ont assuré qu'ils n'avaient «pas effectué» de frappe à Konna à l'heure avancée, le 11 janvier au matin.

Témoignages

Amnesty International affirme par ailleurs avoir recueilli des témoignages indiquant que, le 10 janvier, soit la veille de l'intervention française, «l'armée malienne a arrêté et exécuté de manière extrajudiciaire plus d'une vingtaine de civils», principalement à Sévaré (centre).

Là encore, «les autorités doivent ouvrir immédiatement une enquête indépendante et impartiale sur tous les cas d'exécutions extrajudiciaires par les forces armées, et suspendre tout membre du personnel de sécurité soupçonné d'implication dans des violations des droits humains», estime l'ONG, qui s'inquiète également de «disparition forcées» dues à l'armée malienne.

Amnesty, dont le rapport a été rédigé à l'issue d'une enquête de dix jours dans les villes de Ségou, Sévaré, Niono, Konna et Diabali, fait également état d'«allégations d'homicides arbitraires et délibérés» de la part de groupes islamistes armés, notamment d'exécutions de soldats capturés.

Ces groupes armés auraient ainsi exécuté cinq soldats maliens blessés, le 14 janvier à Diabaly, ainsi qu'un civil, selon le rapport.

L'ONG dénonce en outre le recrutement d'enfants soldats par ces groupes islamistes armés. «Il demeure difficile de confirmer toutes les circonstances entourant un grand nombre d'allégations de violations et atteintes au droit humains», souligne de manière générale Amnesty International, qui précise n'avoir pas encore pu enquêter sur des pillages présumés à Gao et Tombouctou.

De son côté, dans un rapport publié jeudi à londres, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé l'armée malienne d'avoir «exécuté sommairement au moins 13 partisans présumés des islamistes» et avoir «fait disparaître» cinq autres hommes dans la ville-garnison de Sévaré et à Konna en janvier.

HRW accuse par ailleurs les groupes armés islamistes à Konna d'avoir «exécuté au moins sept soldats maliens, dont cinq étaient blessés», et d'avoir «utilisé des enfants comme soldats dans les combats. »

«Les autorités maliennes ont fermé les yeux sur ces crimes très préoccupants», a indiqué Corinne Dufka de Human Rights Watch, qui demande l'ouverture d'une «enquête immédiate». (ats/afp)

Le CICR veut empêcher des exactions

Le CICR veut éviter exactions et représailles de la part des troupes maliennes, a souligné vendredi le président du Comité International de la Croix Rouge (CICR), Peter Maurer. Il cherche à obtenir du gouvernement malien un accès aux prisonniers capturés pendant le conflit.

«Nous utilisons tous les canaux pour convaincre le pouvoir politique d'accéder à notre demande et de nous garantir l'accès à tous les prisonniers qui ont été faits pendant le conflit», a dit dans un entretien à l'AFP M. Maurer. Il a également rappelé que dans le passé «le CICR avait eu accès aux prisons maliennes».

Nous sommes très engagés pour que «le CICR ait accès aux prisonniers de guerre pour qu'ils bénéficient d'un traitement approprié, ait accès aussi aux troupes maliennes pour éviter que des exactions ou des actes de représailles contre des prisonniers ou la population civile et au sujet desquelles on a eu certaines rumeurs dernièrement», a également poursuivi M. Maurer.

Les populations dans le nord souffrent à cause des sécheresses depuis longtemps mais aussi à cause des conflits armés et de la crise économique qui en est la conséquence, et elles ont besoin d'aide humanitaire, a par ailleurs souligné le président de l'organisation humanitaire.

«On a pu monter ces six derniers mois une action importante qui a permis au CICR de nourrir plus de 500'000 personnes, d'entretenir des centres de soins et des hôpitaux au nord», a-t-il dit.

Le CICR s'emploie maintenant à «adapter cette aide à la situation actuelle, avec un certain nombre de blessés de guerre qui arrivent, de personnes déplacées par le récent conflit».

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