Suisse: Frappée à la tête, une recrue perd connaissance
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SuisseFrappée à la tête, une recrue perd connaissance

Après le soldat caillassé à Emmen (LU), une nouvelle affaire de violence met l'armée dans l'embarras.

par
A. Peterhans/ofu

«L'armée ne tolère aucune atteinte corporelle», a tweeté mercredi le Département fédéral de la défense.

La publication avait suivi la révélation d'une affaire remontant à la mi-septembre à Emmen (LU): une recrue tessinoise avait été caillassée à coups de noix et de cailloux par ses collègues. L'ordre aurait été donné par plusieurs sous-officiers. Une enquête est en cours.

Recrue caillassée

Une vidéo tournée à Emmen (LU) montre une recrue tessinoise en train de se faire lancer des pierres et des châtaignes par ses collègues. Un supérieur aurait demandé aux soldats de le faire. (17 octobre 2018)

A peine deux jours plus tard, nos confrères de «20 Minuten» révèlent une autre affaire de violence remontant à l'été 2017. Les faits se seraient produits durant l'école de recrues à Isone (TI). «Mon chef de section m'a ordonné de frapper mon collègue sur le casque avec une grosse branche d'environ 30 kg», raconte L.M.* «Donne-lui un coup sur la tête», aurait dit son supérieur. La victime, T.Z.*, était tombée sur ses genoux et avait brièvement perdu connaissance.

L.M. explique avoir sous-estimé la violence de son coup. «Je ne voulais pas le faire, mais je ne voulais pas m'opposer à mon supérieur. Il était sévère, mais assez correct.» Visiblement, le coup porté était censé être une punition. «Nous avions dû faire un exercice avec des grenades. En effectuant un contrôle à la fin, notre chef de section a remarqué qu'il en manquait une. T.Z. avait pourtant reçu l'ordre de récupérer auprès de ses collègues celles qui n'avaient pas explosé et de les signaler.» Et d'ajouter: «La grenade manquante était dans ma poche. T.Z. ne l'a pas récupérée. Notre supérieur voulait le punir pour l'avoir mal informé.»

200 et 300 francs d'amende

Contactée, l'armée confirme l'information. Son porte-parole Daniel Reist ajoute que c'est le chef de section en personne qui a signalé l'affaire. Une enquête disciplinaire avait alors été engagée. Mais au final, il avait été décidé de régler l'affaire à l'interne, au sein de la compagnie. L.M. et le supérieur avaient écopé respectivement de 200 et 300 francs d'amende.

Les supérieurs avaient estimé qu'il n'y avait pas de mauvaise intention derrière les faits commis. La victime avait par ailleurs été immédiatement contrôlée par un médecin et n'avais subi aucune blessure. Daniel Reist précise que ce genre de «punitions» ne sont ni normales, ni tolérées.

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