Lausanne: Fraude à l'assurance entre frangins
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LausanneFraude à l'assurance entre frangins

Un Tunisien et son frère aîné, clandestin, écopent de 150 jours-amende. La supercherie a été découverte grâce à un divorce houleux.

par
Christian Humbert

Nouredine*, un Tunisien en séjour illégal en Suisse, souffre de problèmes cardiaques. Pour se faire soigner au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), l'homme de 38 ans bénéficie de la complicité de son frère cadet, qui lui prête sa carte d'assu­rance maladie. Nouredine devient alors Ali*.

Il est hospitalisé pendant une semaine, avant d'être transféré à la clinique de Genolier pour sa réadaptation. L'assurance paie tous les frais. La facture atteint 21'000 francs. On est en juin 2006. Personne n'a rien constaté d'anormal. Mais six ans plus tard, le frère du patient se trouve dans un processus de divorce houleux. L'épouse en colère vend la mèche. La justice entre alors en scène.

La sanction vient de tomber. Le procureur vaudois Yves Gringet condamne les ­frères à 150 jours-amende avec un sursis de deux ans. Le magistrat signale que seuls les cas dénoncés peuvent être sanctionnés. «Nous n'en avons pas beaucoup», indique-t-il. «Quelques affaires de ce genre sont dénombrées par an», précise-t-on au CHUV. «Mais c'est inévitable, sur 3000 consultations quotidiennes et 45'000 hospitalisations. Nous sommes des soignants, pas des policiers», remarque le porte-parole, Darcy Christen.

L'établissement hospitalier prendrait-il à la légère la vérification des papiers présentés par ses patients? «Nous posons des questions et vérifions si l'identité annoncée correspond à celle de l'assurance maladie», poursuit le porte-parole.

*Prénoms d'emprunt.

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