Vins valaisans: Fraudes de l'«AOC Valais»: le Conseil d'Etat intervient
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Vins valaisansFraudes de l'«AOC Valais»: le Conseil d'Etat intervient

Le gouvernement a déposé quatre plaintes dans le cadre de soupçons d'irrégularités. La faîtière des vins salue la démarche.

par
Yannick Weber
Keystone

«Dans le cœur des consommateurs et des Valaisans, c'est impardonnable.» Christophe Darbellay, chef du Département de l'économie, a peu goûté aux soupçons de vente de vin étranger sous l'AOC Valais. Il a révélé lundi que le Conseil d'Etat avait déposé, en janvier 2017, quatre plaintes dans le cadre de supposées activités frauduleuses dans le domaine viticole, s'associant ainsi à des procédures pénales en mains du Ministère public depuis 2014.

Parmi les faits reprochés, de fausses annonces d'apport de vendanges et des utilisations inappropriées de droits de production, en plus de la vente illicite de vin étranger sous le label valaisan.

Différentes affaires avaient été dénoncées à la justice, certaines dans le domaine fiscal, d'autres concernant l'analyse des vins et le contrôle des vendanges, mais aussi dans la gestion des droits de production, dès 2014. «Les informations échangées par chacun des services concernés a permis de révéler des liens entre ces dossiers», informe Christophe Darbellay.

Le gouvernement valaisan a alors réagi pour donner un poids supplémentaire aux plaintes déjà déposées. «Le but est de montrer que l'Etat veut faire le ménage et faire respecter les règles. Une écrasante majorité des producteurs est hyper correcte, fait un travail fantastique, et subit les préjudices des actions de certains», ajoute-t-il.

Pertes par millions pour les producteurs

L'Interprofession de la Vigne et du Vin du Valais (IVV), qui avait déposé plainte en 2015 dans le cadre de l'affaire Giroud, salue la démarche et relève que ces fraudes ont de lourdes conséquences économiques pour tout le secteur. «Nous avons remarqué qu'un acteur perturbait le marché, ce qui avait fait baisser les prix. On estime les pertes économiques à plusieurs dizaines de millions de francs. Il est rageant de constater le montant qui a été volé aux producteurs valaisans», réagit Yvan Aymon, président de l'IVV.

Et de déplorer les dégâts à l'image causé par ces affaires. «Il faut rappeler que les 99% des acteurs de la branche sont les premières victimes des tricheurs. Nous saluons la démarche étatique et espérons que toute la lumière sera faite sur ces tricheries qui entachent la réputation et la rentabilité de toute la branche», ajoute-t-il.

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