Allemagne: Frauke Petry veut des camps pour les réfugiés
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AllemagneFrauke Petry veut des camps pour les réfugiés

La leader du parti d'extrême-droite AfD livre sa vision politique, entre la réintroduction des frontières et ses autres solutions pour gérer l'afflux de migrants.

par
Christine Talos
Leader de l'AFD, cette ancienne entrepreneuse de 41 ans a réorienté le parti anti-euro sur le thème de l'immigration, en vogue avec la crise des réfugiés.

Leader de l'AFD, cette ancienne entrepreneuse de 41 ans a réorienté le parti anti-euro sur le thème de l'immigration, en vogue avec la crise des réfugiés.

Frauke Petry est la femme qui monte en Allemagne. Leader du parti populiste Alternative für Deutschland (AfD), elle est devenue l'une des figures politiques incontournables chez nos voisins et se présentera aux élections fédérales de septembre 2017. Elle livre lundi dans Le Temps, sa vision pour son pays et l'Union européenne, une UE qu'elle critique sévèrement: «Je pense que le concept de l'UE a échoué parce qu'il a retiré la souveraineté de chaque nation. Il a ôté la possibilité de chaque pays de se développer à son rythme, d'avoir la liberté de décider s'il veut ou non participer à tel ou tel projet européen», indique-t-elle.

Réintroduire les frontières

Le nouveau visage du nationalisme allemand souhaite donc réinstaurer les frontières, «parce qu'elles sont nécessaires à la préservation d'une société libre et démocratique». Elle ajoute encore: «Penser que la diversité peut vivre sans frontières, que nos origines ou notre lieu de naissance ne comptent pas relève de l'utopie.»

Frauke Petry critique aussi la mondialisation. «Si la mondialisation signifie qu'il n'est plus possible d'appliquer des règles, elle ne peut qu'échouer», estime-t-elle dans le journal, tout en ajoutant «L'expérience nous montre que la majorité des citoyens n'en profitent plus». Du coup, elle est persuadée que le phénomène n'est pas inéluctable et «qu'en tant que politicien, il faut lui appliquer des règles et des limites».

La Leader de l'Afd s'exprime également sur la décision d'Angela Merkel d'ouvrir les frontières aux réfugiés. «Je pense qu'elle a voulu faire preuve d'humanité. Cela s'explique aussi par le fait que l'Allemagne pense encore avoir une responsabilité historique envers le monde et qu'il est de son devoir de faire le bien», explique-t-elle.

Placer les réfugiés dans des camps

Mais selon elle, accepter un nombre incalculable de migrants hostiles envers la population juive et l'Etat d'Israël ne fait que monter l'antisémitisme dans son pays. «Je considère d'ailleurs Angela Merkel comme la plus grande importatrice d'antisémitisme en Allemagne depuis le siècle dernier», critique-t-elle.

Ses solutions? Fermer les frontières à la migration illégale. Et renvoyer une grande partie des personnes dans leur pays d'origine. Si ceux-ci refusent, il faut envoyer les réfugiés dans un lieu précis et, si nécessaire, les installer dans des camps. «C'est une solution brutale, mais je ne vois pas comment nous pourrions régler ce problème autrement», dit-elle au Temps

La Suisse, un symbole unique

Et Frauke Petry a aussi ses idées pour combattre la pauvreté et la surpopulation en Afrique. Selon elle, il faut réduire sa population, en stoppant les aides au développement «afin qu'elle puisse se débrouiller par elle-même». Car, estime-t-elle, «l'Afrique compte trop sur le soutien de l'Europe et le reste du monde pour régler ses problèmes».

Enfin, la politicienne veut prendre exemple sur la Suisse: «Son modèle économique et politique nous prouve qu'il est possible de vivre selon ses propres règles. Dès lors, la Suisse reste pour moi un symbole unique d'indépendance.»

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