Actualisé 30.12.2007 à 11:29

Freecycle: donner plutôt que jeter

Basé sur le principe que le déchet de l'un peut être le trésor de l'autre, un site Internet, Freecycle, propose aux internautes de donner les objets dont ils souhaitent se débarrasser, un concept de plus en plus populaire.

Plus de quatre millions de membres ont déjà rejoint le réseau.

Lorsque Laura Gernell a entendu parler d'un lieu où certains faisaient don d'objets en parfait état à des étrangers, elle s'est dit que c'était trop beau pour être vrai. Mais son mari Ronald avait perdu son travail de chauffeur-routier, elle-même était au chômage, avec un fils en bas âge, et leur appartement était désespérément vide.

N'ayant rien à perdre, elle a décidé de rejoindre le réseau Freecycle, une communauté d'échange sur Internet. Et elle a demandé si certains avaient un canapé à lui proposer. «Je ne cherchais pas à meubler la totalité de mon appartement», explique cette femme âgée de 32 ans, originaire de Marmet, au sud de Charleston. «J'étais juste à la recherche de l'essentiel, quelque chose pour m'asseoir».

Trois personnes lui ont envoyé des offres par courrier électronique. Laura Gernell a utilisé son précieux canapé entre 2004 et l'été dernier, lorsque les ressorts ont finalement cédé. Désormais, elle dirige le groupe le plus important de Virginie-Occidentale, avec 2.100 membres au compteur. «La générosité des gens m'a complètement épatée», confie Laura Gernell. «Particulièrement en Virginie-Occidentale», car l'Etat est considéré «comme l'un des plus pauvres du pays. Mais les gens sont très généreux. C'est étonnant».

Freecycle est aujourd'hui un phénomène mondial. Depuis son lancement dans l'Arizona en mai 2003, le réseau a dépassé les quatre millions de membres dans plus de 4.100 villes, d'Istanbul à Paris, en passant par Montréal, Katmandou ou encore Morgantown. Le site se vante d'éviter à plus de 300 millions d'objets de finir dans la poubelle chaque jour et a inspiré d'autres sites. Dans certains cas, les «concurrents» élargissent leur champ d'action, comme www.gooduse.org qui propose également le prêt de certains objets (perceuse ou autre).

Il y a autant d'histoires réconfortantes que de groupes, affirme le fondateur et directeur de Freecycle, Deron Beal: la tribu indienne qui recueille les robes de bal pour les filles n'ayant pas les moyens de s'en payer une neuve; la personne ayant fui l'ouragan Katrina qui a pu meubler sa nouvelle maison; le vieil homme âgé de 98 ans qui récupère et assemble des pièces de vélo pour les donner à des enfants; et cette femme du Texas qui collectait des objets pour un orphelinat d'Haïti. «Il s'agit de toutes sortes d'actes innombrables de gentillesse», observe Deron Beal, 40 ans, qui vit dans l'Arizona.

«Ce n'est pas un programme pour gagner rapidement. Vous n'obtiendrez pas tout ce que vous voulez à chaque fois que vous le voulez», prévient cependant Laura Gernell.

Plus de 10.000 modérateurs bénévoles s'assurent par ailleurs que les objets s'échangent en toute légalité. Les collections de «Playboy» ou vidéos pornographiques sont totalement bannies.

En France, le phénomène est apparu en 2004 et 33 groupes, d'environ 4.400 membres à Paris, 2.640 à Lyon, 540 à Grenoble ou 250 à Bordeaux, sont recensés sur le site Freecycle.org. AP (ap)

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