Actualisé 22.10.2010 à 17:39

SécuritéFreinages: il y a urgence à s'entraîner

Dès le permis passé, les automobilistes oublient leurs gammes.Une révision s'impose.

von
Jacqueline Favez
22.10.2010
Les cours permettent aussi d'apprendre à freiner sur route mouillée. (Photo: TCS)

Les cours permettent aussi d'apprendre à freiner sur route mouillée. (Photo: TCS)

«Pour savoir rouler vite, il faut savoir freiner.» L'adage, venu du sport automobile, semble ne pas trouver écho dans la circulation. En effet, selon une étude de l'assurance Axa Winterthur, les jeunes conducteurs ont de bons réflexes en cas d'urgence mais n'appuient pas assez fort sur la pédale de frein («20 minutes» du 18 octobre). «Pourtant, ça fait partie de l'enseignement que nous prodiguons aux élèves: freiner fort au début puis relâcher progressivement la pression», note Jean-Jacques Bosson, moniteur d'auto-école à Broc (FR). Et rater le freinage d'urgence à l'examen du permis est éliminatoire, ce qui n'arrive pas souvent, selon le Service des automobiles vaudois.

Alors, comment ces acquis passent-ils donc si vite aux oubliettes? «Les conducteurs ont beau avoir appris à réagir, les situations d'urgence sont suffisamment rares pour qu'ils soient désarçonnés lorsqu'ils y sont confrontés, commente Moreno Volpi, porte-parole du TCS. La multiplication des aides électroniques crée aussi un faux sentiment de sécurité. L'automobiliste s'imagine que la voiture va faire le boulot à sa place. Enfin, dans nos cours, on constate une peur inexplicable de la pédale de frein: les gens redoutent la réaction de leur voiture s'ils appuient trop fort dessus.»

Pour vaincre cette crainte, un seul remède: l'entraînement! On peut bien sûr le faire sur une aire dégagée mais prendre un cours sera nettement plus efficace – et plus sûr! Et ce sera aussi une bonne occasion de réviser d'autres notions de base qui peuvent s'avérer salutaires en cas d'accident.

D'autres défauts courants

Les instructeurs du TCS voient défiler bon nombre d'automobilistes dans leurs stages. C'est donc à eux que nous avons choisi de demander quels étaient les lacunes les plus courantes. Leur constat corrobore le fait que le freinage appuyé puis dégressif est souvent un problème. Le regard est aussi régulièrement mal orienté: l'automobiliste fixe l'obstacle à éviter – ce qui l'amène à foncer dessus – au lieu de regarder là où il devrait idéalement se diriger. Enfin, la position de conduite est souvent fausse. Le siège est trop en arrière, ce qui réduit la force de l'automobiliste au moment d'appuyer sur la pédale de frein, mais aussi pour tourner le volant avec vivacité.

Où apprendre?

Auprès des clubs. Le TCS et l’ACS proposent tous deux des stages dans leurs centres de formation en Suisse. Tarifs dès 260 fr. pour le TCS et 280 fr. pour l’ACS. Un rabais de 100 fr. est accordé aux moins de 30 ans, financé par le Fonds de la sécurité routière.

Retour à l’école. Ce n’est pas parce qu’on a déjà le permis que l’auto-école n’est plus d’actualité. Il est toujours possible de demander un cours de «révision» qui soit axé sur le freinage. Compter environ 100 fr. pour une heure.

Pilotes d’un jour. Il existe de nombreux cours de pilotage, axés sur la conduite sportive. Des pilotes professionnels ou des instructeurs brevetés y enseignent, notamment, le freinage «appuyé» ou la maîtrise des trajectoires. Le budget est nettement plus élevé mais... comprend le plaisir de rouler en circuit!

Deux adresses, à titre d'exemple:

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