Berne: Freiner les importations de mousseux
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BerneFreiner les importations de mousseux

La Suisse devrait limiter les importations de vins en intégrant les vins mousseux au contingent. Le National a soutenu une motion de Christophe Darbellay (PDC/VS) en ce sens.

La Suisse devrait limiter les importations de vins en intégrant les vins mousseux au contingent. Par 91 voix contre 88 et 8 abstentions, le Conseil national a soutenu mercredi une motion de Christophe Darbellay (PDC/VS) sur le sujet. Une réduction générale du contingent n'a en revanche pas passé la rampe.

Depuis 1990, la consommation de vin en Suisse a reculé de 15%, soit quelque 50 millions de litres, pour atteindre 270 millions. Cette diminution s'est faite principalement au détriment de la production indigène, s'est inquiété Hugues Hiltpold (PLR/GE).

Malgré ce constat, le National a refusé, par 139 voix contre 42, sa motion qui exigeait une réduction proportionnelle du contingent d'importation, aujourd'hui fixé à 170 millions de litres. On ne peut pas réduire ce paquet sans modifier nos engagements internationaux à l'OMC, a signalé Johann Schneider-Ammann.

Du vin suisse pour le ministre

Le ministre de l'Economie, qui a assuré ne boire que du vin suisse, a réussi à convaincre la majorité de ne pas faire payer aux autres secteurs agricoles le prix d'une protection accrue de la viticulture.

La Chambre du peuple pense néanmoins avoir trouvé un moyen de limiter les importations sans enfreindre les règles de l'OMC. Il s'agit tout simplement d'intégrer les vins mousseux au contingent tarifaire des vins, comme l'a proposé Christophe Darbellay.

La Suisse importe 16 millions de litres de prosecco et autres champagnes qui n'apparaissent dans aucun contingent. Pourtant, ces breuvages mousseux sont aussi des vins, s'est plaint le Valaisan. Leur intégration dans les limites tarifaires, qui doit encore obtenir l'aval du Conseil des Etats, permettrait de restreindre les importations générales.

Pas d'éthique

Une tentative d'intensifier les mesures de promotion du vin suisse et d'introduire des conditions éthiques plus strictes pour les importations a échoué. Par 83 voix contre 73 et 32 abstentions, le National a refusé une motion de Mathias Reynard (PS/VS), qui fustigeait la «concurrence déloyale» frappant la viticulture suisse.

Pour Johann Schneider-Ammann, le problème est en grande partie d'ordre structurel. Une réglementation plus restrictive des importations ne fera pas pour autant croître la consommation de vin suisse. (ats)

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