Actualisé 10.07.2013 à 14:28

Canton de FribourgFribourg agit contre le chômage de longue durée

Subsides à l'embauche et prise en charge en amont, le Conseil d'Etat fribourgeois attend beaucoup de ses nouvelles armes pour lutter contre le chômage.

Le gouvernement fribourgeois renforce sa lutte contre le chômage de longue durée et la hausse de la part de la population tributaire de l'aide sociale.

Il a présenté mercredi 28 mesures mettant l'accent sur la prévention et la réinsertion.

«Remise en question de notre stratégie»

Le Conseil d'Etat avait commandé un rapport à ce sujet. «La situation est préoccupante et a exigé une remise en question de notre stratégie. Pour cette raison, nous n'avons pas voulu attendre la rédaction finale du rapport et avons déjà appliqué certaines recommandations», a expliqué à la presse Anne-Claude Demierre, conseillère d'Etat en charge de la santé et des affaires sociales. Douze mesures ont déjà été mises en œuvre, parmi lesquelles les trois pôles d'insertion basés à Fribourg, à Bulle et à Tavel. Il s'agit d'y coordonner l'action d'un conseiller en personnel et d'un assistant pour un soutien intensif des chômeurs en fin de droit.

Subsides à l'embauche

D'autres mesures restent à mettre en place. L'une des priorités du Conseil d'Etat s'inspire d'un modèle qui connaît un taux de succès élevé à Hambourg en Allemagne: il consiste à verser des subsides à l'embauche ciblés pour des personnes faiblement qualifiées.

Dans le cadre fribourgeois, ces subsides se monteraient à 400 ou 500 francs par mois environ, sur une période encore à définir mais qui s'inscrirait entre 6 et 12 mois. Cette mesure, prévue pour début 2014, représenterait une enveloppe de 200'000 francs par an.

L'aide s'adresse au chômeur pour lui permettre de passer un cap, mais aussi à l'employeur pour l'inciter à cette «prise de risque», dans la mesure où une personne restée longtemps sans travail ne devient opérationnelle que progressivement, a précisé Anne-Claude Demierre. L'employeur doit offrir un contrat à durée indéterminée. Autre mesure: les emplois «fermeture-éclair». Le but est de préserver le lien avec le travail, par exemple via des «entreprises sociales», tout en évitant que les personnes restent piégées dans la «nasse» des mesures d'insertion, a dit Jean-Claude Simonet, président de la commission qui a rédigé le rapport et conseiller scientifique au service de l'action sociale.

Il faut favoriser leur passage rapide de ce marché de l'emploi secondaire vers le marché de l'emploi principal, a-t-il ajouté. La clé consiste à bien connecter et faire collaborer les entreprises de ces deux marchés.

Agir en amont pour éviter l'aide sociale

Au-delà, la stratégie consiste à agir en amont, détecter de façon précoce les cas difficiles et assurer un suivi personnalisé et renforcer l'aide à la formation professionnelle. Les processus sont cloisonnés et il faut travailler vite, note Jean-Claude Simonet. «Un peu comme en médecine de guerre, on s'occupe d'abord de ceux qu'on peut sauver», mais pendant ce temps les autres cas s'accumulent. Fribourg affiche à première vue une position plutôt favorable par rapport à d'autres cantons. Son taux de chômage (2,4% en juin) est le plus faible de Suisse romande, et le taux d'aide sociale est sous la moyenne suisse (2,4% aussi).

Mais le rapport d'étude montre qu'un socle incompressible se constitue. Un demandeur d'emploi sur dix s'adresse à l'aide sociale. En outre, le nombre de personnes arrivées en fin de droit est tendanciellement à la hausse depuis une décennie. Il a un peu baissé en 2012, mais en 2011 il atteignait presque 1400, plus du double des valeurs enregistrées au début des années 2000.

En outre, la durée moyenne d'octroi de l'aide sociale dans le canton est de 15% supérieur à la moyenne suisse. Et plus du tiers des personnes qui accèdent à cette prestation en restent durablement dépendant.

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