Hockey sur glace – Fribourg craque, Genève séduit, Lausanne sombre
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Hockey sur glaceFribourg craque, Genève séduit, Lausanne sombre

Renversé par Zoug (4-5), Gottéron concède un troisième revers en quatre matches. Servette a enfin montré son vrai visage contre Lugano (4-1) et le LHC s’est fait balader par Rapperswil (2-5)

La joie des Zougois Christian Djoos (à gauche), Carl Klingberg (au centre) et Anton Lander (à droite) contraste avec la détresse du Fribourgeois Julien Sprunger.

La joie des Zougois Christian Djoos (à gauche), Carl Klingberg (au centre) et Anton Lander (à droite) contraste avec la détresse du Fribourgeois Julien Sprunger.

Urs Lindt/freshfocus

Avec deux matches au programme de sa semaine, qui plus est disputés à domicile, FR Gottéron n’a pas été aussi sollicité que les autres formations de National League. Mais avec Bienne mardi (défaite 1-0) et Zoug samedi soir, les Fribourgeois se sont coltinés ce qu’il y a de plus robuste comme opposition en ce moment.

Détrônés de leur fauteuil de leader après la victoire seelandaise de vendredi contre Lugano, ils avaient l’occasion de le récupérer sans attendre. Encore fallait-il l’emporter contre le champion en titre. Ce deuxième duel au sommet d’affilée s’est disputé sur un rythme soutenu et franchement plaisant à suivre. Pouvait-il en être autrement entre deux collectifs en pleine confiance? Ce sont les visiteurs qui ont frappé les trois coups. À la 7e minute, Fabrice Herzog, d’un geste technique tout en finesse entre deux adversaires, a servi ce qui aurait pu être le 1-0 à Dario Allenspach. L’ailier droit de la 3e ligne zougoise manquait cependant de conviction dans son face-à-face avec Reto Berra.

La suite a été clairement à l’avantage de Gottéron, qui a atteint la première pause avec un avantage très net de 13-2 dans le nombre de tirs comptabilisés. Son avance d’une longueur représentait alors un salaire minimal. Julien Sprunger, comme très souvent, est passé par là. Le capitaine a été à la conclusion d’une réalisation parfaite dans sa conception. Une passe de Chris DiDomenico à l’intention du numéro 86, qui a patienté le temps que Raphaël Diaz vienne faire écran devant Genoni.

En entame de tiers médian, les Dragons ont profité de leur première période de supériorité numérique pour doubler la mise, avec une déviation de Daniel Brodin sur une frappe à distance de Diaz (24e). Zoug est ensuite revenu, lui aussi, sur sa première phase de jeu de puissance de la soirée. Lino Martschini a inscrit le 2-1 en deux temps alors que Brodin n’avait pris place sur le banc des pénalités que depuis 18 secondes.

Pas de quoi rompre la confiance des hommes de Christian Dubé, qui ont poursuivi comme si de rien n’était. Leur gestion du jeu, où aucun geste n’est fait dans la précipitation, leur a permis de reprendre leurs distances après la demi-heure. Un 3-1 qui s’est révélé être la copie inversée du 1-0, avec Sprunger qui cache la vision de Genoni sur une frappe de Diaz. Impliqué, directement ou indirectement, sur les trois réussites locales, le défenseur international a évolué en taille patron samedi soir.

Ce nouvel avantage de deux buts ne serait plus contesté, pensait-on alors, tant le jeu local respirait la sérénité. Le fait est que les Dragons n’étaient pas préparés à subir la réaction visiteuse du dernier tiers. Et elle a été pour le moins brutale. Mis sous pression comme jamais auparavant durant le match, ils ont craqué à deux reprises en l’espace d’une minute à un quart d’heure du terme. Pour la première fois de la soirée, on a alors senti que la partie pourrait leur échapper.

C’était oublier un peu vite que Gottéron est une équipe de fin de rencontre et que même quand la situation paraît défavorable, il arrive à trouver le moyen de s’en sortir. Comme lorsque Sandro Schmid a expédié au fond des filets cette rondelle arrivée on ne sait trop comment sur sa canne à 3’10 du terme et le tout dans un angle fermé.

Cette fois seulement, le sort ne lui a pas été favorable jusqu’au bout, Jan Kovar égalisant une fois encore à 35 secondes du terme alors que le gardien zougois avait déserté sa cage. En prolongation, il n’a fallu que 59 seondes à Lander pour offrir un deuxième point aux zougois.

GE Servette montre enfin son vrai visage

Eliot Berthon et ses partenaires peuvent jubiler, ils ont réalisé une belle performance à Lugano.

Eliot Berthon et ses partenaires peuvent jubiler, ils ont réalisé une belle performance à Lugano.

Marusca Rezzonico/freshfocus

Entre Lugano et Genève, tout a commencé par un long dégagement sur le gardien et une grosse pression mise par les Luganais sur Gauthier Descloux. Comme il y a dix ans aux Vernets, le jeu de Chris McSorley n’a pas pris une ride ou si peu. L’équipe de Patrick Emond, débarquée la veille au Tessin, le connaissait bien, ce système de l’Ontarien. De quoi bien préparer cette rencontre si capitale. Il suffisait de jeter un œil au classement pour s’apercevoir qu’un succès était primordial. Trois points, c’est tout. «On n’a plus le droit de se cacher!», s’était exclamé Eliot Berthon avant la rencontre.

Sur la glace, on a vu d’emblée un autre visage des Genevois, disciplinés et déterminés, qui ont donc rapidement pris les devants et l’ascendant. C’est Valtteri Filppula, servi par Simon Le Coultre, qui a marqué ce premier but (3e) si important quand on est en plein doute; le scénario idéal. C’est ensuite Joël Vermin qui a doublé la mise six minutes plus tard, au terme d’une belle action qui prouve que ce GE Servette est sur la bonne voie de guérison. On l’avait constaté en début de semaine à Berne et deux jours plus tôt face au LHC. Mais avec, cette fois-ci, des rebonds favorables, il y a longtemps que cela n’était plus arrivé pour des Aigles qui n’ont surtout pas commis d’erreur, c’est aussi à signaler.

Après leur défaite dans les arrêts de jeu, jeudi aux Vernets contre Lausanne, les Grenat avaient besoin de retrouver leurs esprits alors que c’était toujours Halloween ce samedi au Tessin. Après un premier tiers aussi bien abouti techniquement que physiquement (0-2), c’était bien parti pour les Aigles qui, il faut bien l’avouer, étaient opposés à des fantômes.

Cela s’est confirmé dans le tiers médian où, face au deuxième power-play de la National League, les Genevois ont résisté en infériorité numérique. On a même revu des Servettiens se coucher sur des pucks, à l’image d’un Mike Völlmin au four et au moulin. Comme s’ils jouaient une finale. Tandis que Gauthier Descloux était encore une fois impeccable, un tir de Simon Le Coultre (lui aussi en net progrès) a permis à Arnaud Riat, le frère de Damien, d’inscrire le troisième, son premier but de la saison. Ce, avant que Josh Jooris aille planter le N°4 en... box-play.

C’est à croire que toutes les occasions que les Grenat avaient manqué ces derniers matches ont fait mouche ce samedi à Lugano. Alors que les Genevois ont ensuite géré leur avance, Giovanni Morini a tout de même réussi à sauver l’honneur de Luganais bien décevants et qui ont dû prendre un gros savon de Chris McSorley après la partie. Tout s’est terminé par un long dégagement…

Rapperswil balade le LHC à domicile

Michael Frolik (à droite) au duel avec Rajan Sataric (à gauche).

Michael Frolik (à droite) au duel avec Rajan Sataric (à gauche).

freshfocus

Lausanne, qui évoluait de nouveau avec ses deux défenseurs étrangers Mark Barberio et Martin Gernat, a connu une première période catastrophique durant laquelle tout est allé de travers. Première présence, premier tir saint-gallois, et premier but signé Lammer en contre-attaque après seulement 32 secondes de jeu (1re, 0-1).

Plus tranchants et dangereux offensivement, les joueurs de Rapperswil ont inscrit le 0-2 grâce à Albrecht, le plus déterminé à glisser le puck au fond des filets lors d’une scène confuse devant la cage lausannoise. Suite à un coach challenge demandé avec insistance par John Fust, les arbitres - l’ex capitaine de Rapperswil, Stefan Hürlimann, était l’un des deux arbitres principaux, pour la petite histoire - mettront d’ailleurs une bonne dizaine de minutes avant de valider définitivement et à juste titre la réussite de «Rappi» (11e, 0-2).

Alors que le LHC ne parvenait pas à créer quoi que ce soit de concret dans le jeu, Jiri Sekac a opté pour le passage en force afin de relancer son équipe. Le Tchèque s’est frayé un chemin en zone offensive tout en puissance avant d’exploiter victorieusement un rebond (31e, 1-2). Un pétard mouillé pour le LHC en fin de compte: Roman Cervenka, d’une géniale déviation (46e, 1-3) et Yannick Lennart Albrecht en powerplay, pour son deuxième but de la soirée (49e, 1-4), ont enfoncé encore un peu plus l’équipe de John Fust. La réussite signée Joël Genazzi (56e, 2-4) a été suivie du cinquième but des visiteurs seulement 75 secondes plus tard.

Mardi, Lausanne reçoit le leader Fribourg-Gottéron. Les Dragons s’étaient imposés 1-3 lors de leur dernière visite à la Vaudoise aréna le 9 octobre dernier.

Davos ne fait qu'une bouchée de Bienne

Michael Hügli (à gauche) poursuivi par Valentin Nussbaumer.

Michael Hügli (à gauche) poursuivi par Valentin Nussbaumer.

Daniela Frutiger/freshfocus

Le HC Bienne a pris l'eau aux Grisons, avec une défaite sur le score de 8-0. Les nouveaux leaders de National League se sont fait bouger. Les hommes d'Antti Törmanen pliaient déjà au premier tiers, avec Enzo Corvi dans le rôle de passeur décisif sur les réussites de Magnus Nygren (8e) et Raphael Prassl (14e). Pourtant, les Seelandais étaient déjà l'équipe qui tirait de plus dans ce premier tiers.

Le travail de sape de moral continuait pour les Grisons au retour sur la glace, avec deux réussites coup sur coup par Dennis Rasmussen (24e) et Julian Schmutz (25e). La dernière période a permis à Davos de terminer le travail, face à une équipe démobilisée (15 tirs grisons contre 8 bernois). Thomas Wellinger, Axel Simic, Andreas Ambuhl et Valentin Nussbaumer se sont aussi invités sur la feuille des scores.

Avec cette défaite, Bienne laisse son éphémère place de leader décrochée vendredi soir à Gottéron, qui compte le même nombre de points (42). Davos se hisse à la 4e place

Ajoie accroche la prolongation, mais pas la victoire


Jordane Hauert (à gauche) livre un duel accroché avec Dario Bürgler.


Jordane Hauert (à gauche) livre un duel accroché avec Dario Bürgler.

Martin Meienberger/freshfocus

Les Jurassiens voulaient capitaliser sur la victoire de vendredi contre les GCK Lions. Sur la glace d'Ambri-Piotta, ils ont été menés dès la 6e minute, la faute à une réussite de Michael Fora. Mais ils ont tenu ce score jusqu'à la pause, malgré l'insistance des Tessinois. Maxime Fortier (23e) remettait alors les équipes à égalité juste après le premier retour sur la glace. Un retour au score réduit à néant par une réussite d'Elias Bianchi (28e).

Dans un bon soir, Maxime Fortier s'illustrait alors au début du tiers final (41e) permettant à ses couleurs de décrocher la prolongation. Mais les Tessinois ont vite plié l'affaire. C'est Dario Bürgler qui a forcé le sort en marquant le but vainqueur après seulement 39 secondes de prolongation (3-2).

Ajoie reste lanterne rouge, avec 13 points, six de retard sur Genève-Servette avant-dernier.

(JBO/CMA/CYP/THO)

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