Agriculture: Fribourg lance un signal fort contre le libre-échange

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AgricultureFribourg lance un signal fort contre le libre-échange

Le Gouvernement fribourgeois devra intervenir auprès des autorités fédérales afin de demander d'interrompre immédiatement les négociations avec l'UE concernant un accord de libre-échange dans le secteur agro-alimentaire.

Le Gouvernement recommandait aux députés de refuser la motion des députés Fritz Glauser (PLR) et Pierre-André Page (UDC). Il leur a rappelé que les négociations avec l'Union européenne (UE) concernant un tel accord sont de toute façon en veilleuse depuis 2009.

Rien n'y a fait: par 52 voix contre 36 et 6 abstentions, le parlement a approuvé la motion mandatant le Gouvernement pour présenter une initiative cantonale à Berne. Les Vaudois en ont déjà fait de même, a indiqué M. Glauser.

Les pieds dans le plat

La position gouvernementale n'a pas été appuyée par la conseillère d'Etat Marie Garnier: commettant un gros impair à l'égard des milieux paysans, elle s'en est excusée platement après la pause. Sur le ton de la plaisanterie, elle avait fait remarquer que, contrairement aux paysans, les boulangers n'étaient pas présents dans l'hémicycle pour défendre leurs intérêts.

Les députés-paysans sont en effet nombreux au Grand Conseil fribourgeois, à commencer par les deux motionnaires. M. Glauser, vice-président de l'Union suisse des paysans, président de la Fédération suisse des producteurs de céréales et aussi de l'Union des paysans fribourgeois, a plaidé avec force en faveur des petits agriculteurs.

Selon lui, un tel accord aurait de très graves conséquences pour l'agriculture suisse, dont les moyens de subsistance seraient menacés. Il aurait également des conséquences collatérales néfastes pour l'environnement, le tourisme, les consommateurs et finalement l'économie dans son ensemble. La qualité de notre alimentation est en jeu, a-t-il souligné.

Pragmatisme PS

La socialiste Erika Schnyder, députée syndique de Villars-sur- Glâne et ex-collègue de Mme Garnier à l'exécutif communal, a défendu avec conviction et fermeté la raison d'Etat. Tout en manifestant sa compréhension pour la cause paysanne, elle a expliqué que les relations avec l'UE étaient déjà assez difficiles et qu'il n'était pas nécessaire «d'en rajouter une couche».

Elle a rappelé la dépendance de la Suisse envers l'UE, notamment en matière d'énergie - en particulier dans la perspective de la sortie du nucléaire - et de débouchés pour nos exportations. «Si nous devions bloquer toutes les discussions, nous risquerions de faire capoter toute la structure des négociations.» (ats)

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