Genève: Frontaliers pris pour cible à l'approche des élections
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GenèveFrontaliers pris pour cible à l'approche des élections

La droite dure lance des textes en faveur de l'emploi de résidents, à quelques semaines de renouveler le Parlement genevois.

par
Julien Culet
Déjà appliquée dans le secteur public, la préférence cantonale pourrait aussi l'être dans le privé.

Déjà appliquée dans le secteur public, la préférence cantonale pourrait aussi l'être dans le privé.

Keystone/Martin Ruetschi

«Frontaliers: stop!» et «Genève d'abord!». Deux initiatives, la première du MCG et l'autre de l'UDC, qui visent à étendre la préférence cantonale au secteur privé ont été lancées au bout du lac par la droite dure. Avec ces textes, le thème frontalier revient sur le devant de la scène, à deux mois des élections cantonales. «C'est un acte désespéré de partis qui ont besoin d'exister sur les valeurs identitaires», fustige Carole-Anne Kast, présidente du PS. Elle juge ces initiatives «inapplicables, en vertu de la liberté de commerce».

Le MCG dit toutefois s'appuyer sur un avis de droit qui confirme la faisabilité de son projet de loi. Ce dernier doit être publié aujourd'hui dans la Feuille d'avis officielle. Il prévoit que les entreprises devront déclarer les postes vacants à l'Office régional de placement. «L'attribution des permis G ne sera plus automatique. L'employeur devra justifier son besoin d'embaucher un frontalier par l'absence de candidat résident en Suisse aux compétences requises», explique le député François Baertschi.

Son allié, l'UDC, a lui lancé une récolte de signatures pour inscrire la préférence cantonale dans la constitution. Le parti agrarien affirme s'appuyer sur un texte similaire tessinois, qui a reçu l'aval du Tribunal fédéral. Si l'initiative est votée, sa mise en oeuvre dépendra d'une loi d'application. «Nous voulons une certaine souplesse pour permettre à tous les partis de participer à la discussion», indique Marc Fuhrmann, président de la section genevoise.

Ministre de l'emploi, le MCG Mauro Poggia affirme ne pas pouvoir se prononcer en tant que magistrat. Il explique toutefois constater une certaine «prise de conscience» concernant la préférence cantonale, même dans le secteur privé. «Si cela continue dans le bon sens, on évitera peut être une votation», estime le conseiller d'Etat.

Stauffer opposé

Stauffer opposé

Président du parti Genève En Marche et ex-chef du MCG, Eric Stauffer dit ne pouvoir que «regretter des initiatives contraires aux intérêts économiques du canton». Pour le candidat au Conseil d'Etat, «il y a 270000 postes pour 220000 actifs genevois, on a besoin d'importer de la main d'uvre, c'est mathématique». Chantre de la préférence cantonale, déjà en vigueur dans le public, il estime qu'elle «est déjà inscrite au fer rouge dans les neurones».

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