«Fumer tue», en image
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«Fumer tue», en image

Des photos, parfois choc, devraient compléter dès janvier les mises en garde écrites sur les paquets de cigarettes.

Les milieux des la prévention réclament une mise en oeuvre rapide. L'industrie du tabac, résignée, tente de négocier conditions et modalités.

«Nous demandons depuis longtemps cette mise en garde combinée sur les produits du tabac» a indiqué à l'ATS Michel Graf, directeur de l'Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA). Les organisations concernées ont jusqu'à vendredi pour répondre à l'audition menée sur le projet d'ordonnance du Conseil fédéral.

Les milieux de la prévention voient un défaut dans le dispositif: le gouvernement prévoit une période de transition d'un an pour les cigarettes et de deux ans pour les autres produits du tabac. Pour eux, c'est trop long. La Commission fédérale pour la prévention du tabagisme, la Ligue suisse contre le cancer et Anti- Tabac Suisse demandent de les raccourcir à six mois pour les paquets de cigarettes, et entre six mois et un an pour le reste.

Techniquement, c'est faisable: «les banques de données d'images existent au niveau de l'Union européenne, il n'y a aucune difficulté à les reprendre», justifie Michel Graf. Un contrat de licence a d'ailleurs été conclu avec Bruxelles.

Faux, rétorquent la Communauté du commerce suisse de tabacs et Swiss Cigarette. Pour cette dernière, le délai de douze mois «n'est tout simplement pas applicable». Et d'exiger une période transitoire de deux ans pour tous.

Ados attirés

Selon la branche, le projet d'ordonnance pose d'autres problèmes d'application, dû au nombre d'images à utiliser et à la périodicité des rotations à effectuer. Les entreprises souhaiteraient en outre que ces mises en garde soient volontaires et non pas obligatoires.

Le secrétariat central de Conférence des directeurs suisses de la santé soutient pour sa part la mesure, mais s'interroge sur l'effet des photos sans lien direct avec la fumée, comme celle d'un cadavre à la morgue. Il s'inquiète aussi du fait que les adolescents sont plutôt attirés par de telles images.

Même si les partis n'étaient pas invités à donner leur avis, l'UDC a fait savoir qu'elle n'était pas d'accord avec cette politique des photos choc. Il s'agit, à ses yeux, d'une tentative ratée de prévention de type inquisitrice. Cette proposition révèle le zèle des autorités à tout réglementer, selon ce parti.

Ces mesures s'inscrivent dans le programme national de prévention du tabagisme. Le numéro de téléphone de la ligne Stop- tabac figurera aussi sur toutes les mises en garde. (ats)

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