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FranceFumeurs de crack: un tunnel d’une gare RER de Paris évacué

Le tunnel de la gare Rosa Parks était devenu un repaire pour de nombreux sans-abri consommant de la drogue. Ceux-ci ont été délogés jeudi par la police.

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Quelque 86 personnes ont été évacuées, selon la préfecture de police. 

Quelque 86 personnes ont été évacuées, selon la préfecture de police.

AFP
Les usagers de crack et de nombreux migrants ont défilé dans le calme à la sortie du tunnel, rempli de détritus et d’abris de fortune. 

Les usagers de crack et de nombreux migrants ont défilé dans le calme à la sortie du tunnel, rempli de détritus et d’abris de fortune.

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La plupart des sans-abri ont été dispersés dans le quartier, sans solution de relogement. 

La plupart des sans-abri ont été dispersés dans le quartier, sans solution de relogement.

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Une centaine de sans-abri, dont de nombreux consommateurs de crack, ont été délogés par la police d’un tunnel de la gare RER Rosa Parks à Paris, qui était devenu depuis deux mois un repaire pour le trafic.

À partir de 7h00, 86 personnes ont été évacuées, selon la préfecture de police. Les usagers de crack et de nombreux migrants ont défilé dans le calme à la sortie du tunnel, rempli de détritus et d’abris de fortune. La plupart ont été dispersés dans le quartier, sans solution de relogement. Une trentaine de places d’hébergement étaient ouvertes, selon la préfecture, mais aucun dispositif n’était prévu pour orienter les sans-abri.

Modeste au départ, ce campement a «pris de l’ampleur depuis juillet» et accueillait «jusqu’à une centaine de personnes», a expliqué la préfecture de police, qui s’inquiétait notamment du «risque d’incendie» dans ce tunnel.

Pour Anissa, 40 ans, accro au crack depuis 23 ans, «on ne fait que reculer le problème». «On a été à la Chapelle, à Saint-Denis, à porte d’Aubervilliers… Et maintenant où ? Peut-être qu’on finira à fumer en bas des Champs-Élysées», soupire-t-elle. «Clochards, prostituées, crackers, on a tous une souffrance en nous. On ne cherche pas à faire peur, on n’est pas fiers de ça, mais ce n’est pas comme ça qu’on va s’en sortir», ajoute-t-elle, en réclamant «un endroit» où pouvoir fumer loin des regards.

À Paris, pour pouvoir avoir accès à l’unique salle de consommation à moindre risque, «il faut se shooter (s’injecter, ndlr), rappelle-t-elle. «Moi je fais que fumer du crack, donc je peux pas y aller», explique-t-elle.

Depuis fin 2019

Chassés du terrain vague surnommé la «Colline du crack» fin 2019, puis de la porte d’Aubervilliers où ils s’étaient retranchés, nombre de toxicomanes habitués à errer dans le nord de Paris avaient trouvé là un nouveau refuge. Le trafic s’accompagnait de vols, d’agressions et de prostitution, au désespoir des riverains excédés.

La préfecture espère «mettre un terme définitif» à cette situation. Les effectifs policiers doivent être renforcés dans le quartier pour empêcher toute réinstallation dans les prochains jours. La SNCF doit ensuite sécuriser le site avec des vigiles, avant des «travaux lourds» pour murer les accès au tunnel.

Plusieurs associations doivent également «faire plus de maraudes» pour essayer de rentrer en contact avec les usagers de drogues, comme le prévoit le plan anti-crack mené à Paris, a rappelé la préfecture.

Ce plan, adopté en juin 2019 par la mairie, l’Agence régionale de santé (ARS), la préfecture de police de Paris et celle d’Ile-de-France, permet actuellement à 390 toxicomanes sans-abri d’être hébergés et de bénéficier d’un accompagnement social.

Malgré ces progrès et la création d’un espace de repos pour les fumeurs de crack porte de la Chapelle, ce dérivé puissant de la cocaïne reste un fléau dans le nord-est parisien.

(ATS/NXP)

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