Actualisé 30.06.2008 à 16:10

Fusillade militaire: «des négligences inacceptables»

La fusillade qui a fait 17 blessés dimanche lors d'une démonstration de militaires à Carcassonne, en France, est la conséquence de «négligences inacceptables» qui seront sévèrement sanctionnées, a déclaré lundi Nicolas Sarkozy.

L'armée privilégie la thèse de l'accident.

Le chef de l'Etat français s'est rendu lundi matin à l'hôpital de Carcassonne, où sont soignées certaines victimes, avant d'aller à Toulouse au chevet des blessés les plus graves.

«Je suis consterné. Ce n'est pas normal. Des négligences inacceptables devront être sanctionnées», a déclaré le président.

Plus en danger de mort

«Ma réaction sera rapide et sévère. Cela ne peut pas rester sans conséquences. Toute la chaîne devra s'expliquer, pas seulement une personne. La justice fera la lumière, mais quoi que décide la justice, des décisions administratives seront prises», a-t-il ajouté.

L'état de santé des deux victimes les plus gravement atteintes, dont un enfant de trois ans, s'est stabilisé, a indiqué l'hôpital de Toulouse où ils sont soignés. Ces personnes ont été opérées dans la nuit et leurs jours n'étaient plus en danger lundi matin, a précisé Bernard Lemaire, préfet du département de l'Aude, dans lequel est située Carcassonne.

Au total, 17 personnes, quinze civils et deux militaires, ont été blessées, dont quatre grièvement, lors d'une simulation de libération d'otages, à l'occasion d'une journée portes ouvertes de cette caserne de Carcassonne.

Erreur humaine

La cause du drame n'est pas connue avec certitude. L'armée cherche à comprendre comment le militaire, un sergent, a pu faire usage de balles réelles au lieu de balles à blanc alors qu'il participait à une démonstration du Groupe de commandos parachutistes.

Elle privilégie la thèse de l'accident. Le drame relève «à 99,9 % d'une faute non volontaire», a assuré le colonel Benoît Royal, chef du service d'informations de l'armée de terre.

Le militaire a agi «involontairement», par «maladresse» et «absolument pas de manière préméditée», a déclaré le procureur de Montpellier Brice Robin. Le drame est la conséquence d'une «erreur humaine», a-t-il ajouté, soulignant que le sergent avait «violé les règles de sécurité».

Couleurs différentes

«Il est trop tôt pour se prononcer, ce qui est certain c'est qu'il y a eu des fautes, des manquements dans les procédures», a relevé pour sa part le ministre de la Défense Hervé Morin.

Le ministre s'est demandé comment «un militaire qui a de l'expérience» peut «confondre» un chargeur à balles réelles et un chargeur de balles à blanc. Les deux types de munitions sont de couleur différentes et les procédures veulent que les balles non utilisées soient rendues après chaque exercice, ce qui n'a pas été le cas, a-t-il relevé

Selon M. Morin, l'auteur des tirs a d'abord vidé un chargeur de balles à blanc avant «malheureusement» d'en placer un second à balles réelles dans son arme. «Pourquoi était-il dans sa poche ?», s'est-il interrogé.

Pas de troubles psychologiques

Le militaire a été placé en garde à vue. Il devrait être présenté mardi à un juge d'instruction et inculpé pour «blessures involontaires».

Hervé Morin a précisé dimanche que l'auteur des tirs était «un militaire parfaitement noté, rentrant d'opération, avec sept à huit années d'expérience». «Il n'existe pas d'éléments permettant de penser qu'il y a eu chez un quelconque trouble de comportement, ou trouble psychologique», avait-il ajouté.

(ats)

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