Actualisé 16.10.2008 à 09:16

PolitiqueFusion des radicaux et libéraux prévue le 25 octobre

La fusion du Parti radical (PRD) et du Parti libéral (PLS) devrait sauf surprise être entérinée le 25 octobre par leurs délégués respectifs.

Dicté par les pertes électorales de ces dernières années, ce mariage de raison a un goût de retrouvailles.

Les fiançailles remontent aux élections fédérales de 2003. Avec 4 élus (contre 6 en 1999), les libéraux ne sont plus assez nombreux pour constituer un groupe parlementaire propre. Ils sont obligés de rejoindre le groupe radical, en perte de vitesse avec 50 élus (60 en 1999).

En 2005, les deux partis scellent leur collaboration au sein de l'Union libérale-radicale. Leurs sections Femmes joignent leurs forces en décembre 2007, sous l'appellation des Femmes radicales- libérales. En juin 2008, les deux sections cantonales de Neuchâtel se regroupent, préambule à la fusion au niveau suisse prévue le 25 octobre.

Réunis d'abord en assemblées distinctes, les délégués radicaux et les délégués libéraux voteront chacuns de leurs côtés le principe de la fusion. S'en suivra une assemblée commune qui adoptera les statuts.

Le contrat de fusion sera entériné le 28 février (avec effet rétroactif au 1er janvier) en même temps qu'auront lieu les élections à la présidence. Pour l'heure, personne ne conteste à Fulvio Pelli la place de chef du nouveau Parti libéral-radical (PLR). Les libéraux devraient obtenir une des quatre vice- présidences.

Retrouvailles après la scission de 1913

La fusion marquera les retrouvailles des fondateurs de l'Etat fédéral, devenus rivaux après que les libéraux ont créé leur propre parti national en 1913. Marqué plus à droite, le PLS se distinguait alors des radicaux en étant plus conservateur, plus élitaire, plus fédéraliste et moins étatiste.

De 1913 à aujourd'hui, un seul libéral aura réussi à se hisser au Conseil fédéral: le Genevois Gustave Ador qui a siégé de 1917 à 1919. Bien que non représenté au gouvernement, le PLS a toujours refusé de faire une politique d'opposition, préférant marcher avec le PRD à de rares exceptions près.

Lors de trois votations fédérales, les libéraux se sont opposés à des projets soutenus par le PRD: en 1947 sur l'AVS, en 1986 sur l'adhésion à l'ONU et en 1993 sur l'introduction du 1er août comme jour ferié.

Pas de fusion dans trois cantons

Au niveau cantonal, le PRD a réussi à intégrer l'aile libérale- conservatrice dans la plupart des cantons. A Neuchâtel, Genève, Vaud et Bâle-Ville, les deux formations solidement ancrées se sont fait concurrence. Dans les trois derniers, le PLS et le PRD continueront d'ailleurs à coexister, mais ils devront signer un accord de collaboration.

La fusion permettra au PRD de consolider sa place de 3e parti de Suisse avec désormais 17,7 % des suffrages exprimés lors des élections de 2007. Le PLR sera la première force politique dans cinq cantons (SO, TI, VD, GE, NE). (ats)

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